France mĂšre des arts, des armes et des lois, Tu mâas nourri longtemps du lait de ta mamelle : Ores, comme un agneau qui sa nourrice appelle, Je remplis de ton nom les antres et les bois. Si tu mâas pour enfant avouĂ© quelquefois, Que ne me rĂ©ponds-tu maintenant, ĂŽ cruelle ? France, France, rĂ©ponds Ă ma triste querelle. Mais nul, sinon Ăcho, ne rĂ©pond Ă ma voix. Entre les
NĂ© le 6 juin 1879 Ă Nevers NiĂšvre. DĂ©putĂ© de la NiĂšvre de 1914 Ă 1932. Fils de Victor Locquin, avocat originaire de Saulieu, qui s'adonna Ă l'agriculture aprĂšs avoir prĂ©parĂ© une agrĂ©gation de droit, Jean Locquin, petit-neveu d'un gĂ©ologue bourguignon, Jean-Jacques Collenot, Ă©tait issu par sa mĂšre d'une vieille famille nivernaise. Docteur Ăšs lettres, licenciĂ© en droit, il embrasse la carriĂšre d'avocat et se lance, tout jeune, dans la politique ; Ă 19 ans, il adhĂšre au parti socialiste, auquel il demeure indĂ©fectiblement fidĂšle. Il succĂšde Ă son pĂšre Ă la mairie de Balleray dĂšs 1908, devient conseiller gĂ©nĂ©ral du canton en 1919, puis de 1924 Ă 1929 prĂ©sident du Conseil gĂ©nĂ©ral de la NiĂšvre. ProfondĂ©ment attachĂ© Ă sa province, Jean Locquin ne cesse, durant sa carriĂšre politique, de dĂ©fendre l'entitĂ© gĂ©ographique et Ă©conomique du Nivernais. Il se prĂ©sente pour la premiĂšre fois aux Ă©lections lĂ©gislatives des 26 avril et 2 mai 1914 ; il est Ă©lu au second tour, dans la 1re circonscription de Nevers, par voix contre Ă Tricot, son principal adversaire, sur votants. MobilisĂ© le 7 aoĂ»t 1914 au 64e rĂ©giment d'infanterie territoriale, il est promu sous-lieutenant au 38e rĂ©giment le 19 juin 1915 ; il participe cependant aux travaux du parlement. NommĂ© secrĂ©taire de la commission de la marine militaire, il est aussi membre de la commission de l'enseignement et des beaux-arts ainsi que de la commission de la rĂ©vision constitutionnelle. Au cours de la lĂ©gislature, il se fait remarquer dans tous les dĂ©bats oĂč sont en cause les questions fiscales, l'enseignement, les beaux-arts, les intĂ©rĂȘts des anciens combattants ou leurs ayants droit, les arsenaux de la marine. TrĂšs au fait des questions agricoles qu'il a Ă©tudiĂ©es sous la direction de son pĂšre, il dĂ©fend avec clairvoyance les intĂ©rĂȘts des agriculteurs ; dĂšs 1917, il propose une organisation mĂ©thodique de la culture du blĂ© afin que le pays n'ait pas Ă s'approvisionner Ă l'Ă©tranger. En 1919, il est réélu au second tour de scrutin, battant PiĂ©lin, chargĂ© d'affaires au ComitĂ© des forges, par voix contre sur votants. Il demeure secrĂ©taire de la commission de la marine militaire et devient secrĂ©taire de la commission de l'enseignement et des beaux-arts. Son nom reste attachĂ© Ă la dĂ©fense de l'Ă©tablissement national de QuĂ©rigny, spĂ©cialisĂ© dans la fabrication des armes et du matĂ©riel de marine. Au cours des discussions budgĂ©taires de 1920 Ă 1924, il ne cesse de dĂ©noncer la politique gouvernementale en matiĂšre d'armement naval, politique qui tend Ă la fermeture d'arsenaux et d'Ă©tablissements nationaux pour en confier la fourniture Ă des industries privĂ©es. Convaincu de dĂ©fendre les intĂ©rĂȘts gĂ©nĂ©raux du pays et les intĂ©rĂȘts particuliers de sa rĂ©gion, il contribue Ă sauver les forges de La Chaussade. Aux Ă©lections lĂ©gislatives de 1924, il est Ă©lu en tĂȘte de la liste du cartel des gauches qui emporte 3 siĂšges sur 4, avec voix, le dĂ©putĂ© sortant, RĂ©gnier, de l'union rĂ©publicaine nationale, Ă©tant Ă©lu avec voix. Il entre Ă la commission des finances et demeure membre des commissions de l'enseignement et des beaux-arts puis devient rapporteur du budget de l'enseignement technique. LibĂ©ral en matiĂšre d'Ă©ducation nationale, il fait preuve d'un large esprit de tolĂ©rance religieuse et intervient dans les dĂ©bats sur la rĂ©forme de l'Ă©ducation nationale. Jean Locquin est partisan d'une politique de nationalisations ; il prĂ©sente en 1924 avec ses amis socialistes une proposition de loi tendant Ă l'institution d'un office national du blĂ© permettant Ă l'Etat d'acheter la rĂ©colte Ă un prix fixĂ© d'un commun accord. Il demande aussi la nationalisation des forĂȘts et signe une proposition tendant Ă la nationalisation des engrais. Il propose la crĂ©ation d'un office national de la viande. Il plaide la cause du CrĂ©dit agricole, rĂ©clame la fondation d'une caisse nationale contre les calamitĂ©s, souhaite la crĂ©ation d'une caisse d'avances aux communes en faveur des populations rurales. Réélu en 1928 avec voix sur suffrages, il demeure membre des mĂȘmes commissions. Au cours de cette lĂ©gislature, il continue Ă s'occuper activement des problĂšmes d'enseignement. Il rĂ©dige quatre rapports qui tendent Ă la crĂ©ation du conseil de la musique populaire, la rĂ©organisation des théùtres nationaux, l'institution du cinĂ©ma national, la fondation de bourses en faveur des Ă©coles d'art dĂ©coratif. Il est Ă l'origine de la convention appelĂ©e Ă sauvegarder le patrimoine artistique de la France. PersuadĂ© de la valeur des Ă©changes interculturels, il fait dĂ©bloquer les crĂ©dits pour l'Ă©dification de la Casa de Velasquez Ă Madrid, oĂč sont rĂ©unies l'AcadĂ©mie de France et l'Ecole des hautes Ă©tudes hispaniques. En matiĂšre fiscale, il est partisan de l'allĂ©gement des impositions, en particulier de celles qui paralysent la production ; il soutient le vote d'une taxe sur le chiffre d'affaires. Il subit un Ă©chec aux Ă©lections lĂ©gislatives de 1932. Il continue Ă administrer sa commune de Balleray jusqu'en 1934 pour devenir maire-adjoint, puis maire de Nevers en 1939 jusqu'Ă sa destitution par Vichy, en 1940. Excellent avocat, grand travailleur, Jean Locquin consacre ses loisirs Ă la connaissance des arts. DiplĂŽmĂ© de l'Ecole du Louvre, il avait publiĂ© une thĂšse sur La peinture d'histoire de 1747 Ă 1785 et un Catalogue raisonnĂ© de l'Ćuvre de J. Boudry, peintre des chasses de Louis XV. On lui doit un bel ouvrage sur Nevers et Moulins. Aquarelliste de talent, historien d'art, membre du conseil des musĂ©es nationaux, vice-prĂ©sident de l'Union centrale des arts dĂ©coratifs, il collabore assidĂ»ment Ă la Gazette des Beaux-arts et autres revues d'art. En tant que journaliste, il participe Ă l'Ă©laboration de la revue la France active et devient codirecteur de la Tribune rĂ©publicaine du Centre. Avocat Ă la Cour d'appel de Paris, il continue de plaider. Il est chevalier de la LĂ©gion d'honneur, commandeur de Saint-GrĂ©goire-leGrand, grand-officier de l'Ordre yougoslave de Saint-Sava.
France mÚre des arts, des armes et des lois, Publié le 6 juin 2016 par P@ule. Joachim Du Bellay (1522-1560) France, mÚre des arts, des armes et des lois, Tu m'as nourri longtemps du lait de ta mamelle ; Ores, comme un agneau qui sa nourrice appelle, Je remplis de ton nom les antres et les bois.
France, mĂšre des arts, des armes et des lois,Tu m'as nourri longtemps du lait de ta mamelle Ores, comme un agneau qui sa nourrice appelle,Je remplis de ton nom les antres et les tu m'as pour enfant avouĂ© quelquefois,Que ne me rĂ©ponds-tu maintenant, ĂŽ cruelle ?France, France, rĂ©ponds Ă ma triste nul, sinon Ăcho, ne rĂ©pond Ă ma les loups cruels j'erre parmi la plaine,Je sens venir l'hiver, de qui la froide haleineD'une tremblante horreur fait hĂ©risser ma tes autres agneaux n'ont faute de pĂąture,Ils ne craignent le loup, le vent ni la froidure Si ne suis-je pourtant le pire du troupeau.
France mÚre des arts, des armes et des lois est un poÚme célÚbre de Joachim du Bellay. Il fait partie du recueil Les Regrets publié en 1558. Ce sonnet lyrique en alexandrins, écrit lorsque le
Uvalde AprĂšs le choc, la colĂšre. La communautĂ© dâUvalde, au Texas, veut savoir comment un jeune homme de 18 ans a pu sâintroduire si facilement dans une Ă©cole primaire et y abattre 21 personnes, dont 19 enfants. Et pendant que des croix apparaissent un peu partout dans la ville Ă la mĂ©moire des victimes, les rĂ©flexions sur lâaccĂšs aux armes Ă feu occupent les esprits. Tous les jours, câest de plus en plus dur », tĂ©moigne Beatriz Fraire. La femme de 43 ans, mĂšre et grand-mĂšre, a accueilli La Presse dans sa petite maison dâun quartier de lâest dâUvalde, Ă lâopposĂ© du secteur de lâĂ©cole primaire Robb, oĂč la tuerie de mardi a eu lieu. Sur les murs, des photos de ses cinq enfants cĂŽtoient des crucifix et des ballons, souvenirs de la fĂȘte des MĂšres. Comment est-ce que le tireur a pu se rendre dans lâĂ©cole ? se demande Mme Fraire. Il a eu tout le temps de marcher [de son camion jusquâĂ lâĂ©tablissement], et personne ne lâa arrĂȘtĂ© ! » Un sentiment de frustration Ă©merge, surtout aprĂšs la confĂ©rence de presse du directeur rĂ©gional du dĂ©partement de la SĂ©curitĂ© publique du Texas pour le sud de lâĂtat, qui a affirmĂ© jeudi que le tireur avait pu entrer dans lâĂ©cole sans obstacle ». On veut des rĂ©ponses, renchĂ©rit Mme Fraire. On veut savoir exactement ce qui sâest passĂ© ! » PHOTO DARIO LOPEZ-MILLS, ASSOCIATED PRESS Des enfants sont venues prier devant les croix installĂ©es sur le terrain de lâĂ©cole primaire Robb, Ă Uvalde, oĂč 19 Ă©lĂšves ont Ă©tĂ© tuĂ©s. PHOTO CHANDAN KHANNA, AGENCE FRANCE-PRESSE La mĂšre dâAlithia Ramirez Ă©crit un dernier mot Ă sa fille, morte dans la fusillade. PHOTO BRYAN WOOLSTON, REUTERS Une cĂ©rĂ©monie religieuse et une veillĂ©e Ă la chandelle ont Ă©tĂ© organisĂ©es dans la ville. PHOTO LILA DUSSAULT, LA PRESSE Large banderole devant la maison de Beatriz Fraire, oĂč lâon peut lire Uvalde Strong ». PHOTO LILA DUSSAULT, LA PRESSE JosĂ© Manuel Flores, ĂągĂ© de 10 ans, est lâune des victimes de la tuerie. Sa famille a dressĂ© un petit autel devant sa maison. PHOTO DARIO LOPEZ-MILLS, ASSOCIATED PRESS Les pleurs Ă©taient nombreux chez ceux qui Ă©taient venus se recueillir devant les croix. PHOTO MARCO BELLO, REUTERS Des policiers transportent des sacs remplis dâoursons en peluche laissĂ©s sur le terrain de lâĂ©cole primaire par les citoyens dâUvalde. PHOTO VERONICA CARDENAS, REUTERS Shane Rehman se recueille devant une croix Ă la mĂ©moire dâUziyah Garcia, lâune des victimes de la fusillade Ă lâĂ©cole primaire Robb. PHOTO LILA DUSSAULT, LA PRESSE Un des commerces de vente d'armes Ă feu Ă Uvalde Ă©tait fermĂ© au passage de La Presse, mardi, malgrĂ© ses heures d'ouverture habituelle. 1/9 La vie ne sera plus la mĂȘme pour sa famille. Le petit-fils de Beatriz, ĂągĂ© de 9 ans et dont elle a prĂ©fĂ©rĂ© taire le nom, est lâun des rares survivants de la classe oĂč le jeune homme de 18 ans a abattu de sang-froid 19 Ă©lĂšves et deux enseignantes, mardi, avant de succomber sous les balles de la police. Il sâagit de la tuerie la plus meurtriĂšre de lâhistoire de lâĂtat. CachĂ© sous un bureau, le garçon a tout vu. Le tireur, ses camarades frappĂ©s par les balles, ses enseignantes qui sâeffondrent sur les Ă©lĂšves⊠», raconte Mme Fraire, la voix hĂ©sitante et le regard dans le vide, comme si elle voyait la mĂȘme chose. Il nây a juste pas de mots. » Dans la rue juste Ă cĂŽtĂ©, un petit autel a Ă©tĂ© dressĂ© Ă la mĂ©moire de JosĂ© Manuel Flores, 10 ans. La famille a donnĂ© la permission Ă La Presse de le photographier, mais a prĂ©fĂ©rĂ© ne pas tĂ©moigner. Je sens que nous [les gens de la communautĂ©] ne sommes pas prĂȘts Ă parler, explique Mme Fraire. Câest trop tĂŽt, tout est arrivĂ© trop vite. Câest comme un cauchemar dont nous nâarrivons pas Ă nous rĂ©veiller. » DĂ©solĂ©, votre navigateur ne supporte pas les videos Devoir de mĂ©moire Lâheure Ă©tait au recueillement jeudi pour les quelque 16 000 habitants dâUvalde, assaillis par des hordes de journalistes, de visiteurs et de bons Samaritains. La ville typiquement amĂ©ricaine, posĂ©e sur la plaine texane Ă une centaine de kilomĂštres de la frontiĂšre avec le Mexique, est traversĂ©e de deux rues principales rectilignes de quatre voies, bordĂ©es de commerces. Aux alentours, de petits quartiers rĂ©sidentiels, avec des rues tranquilles et des maisons de plain-pied sous une vĂ©gĂ©tation luxuriante. Ă lâĂ©cole primaire Robb, 21 petites croix blanches ornĂ©es de fleurs portant le nom des 21 victimes avaient fait leur apparition Ă cĂŽtĂ© de lâĂ©criteau annonçant Robb Elementary School â Bienvenidos ». Le lieu est devenu un mĂ©morial dĂ©diĂ© aux victimes. Au fil de la journĂ©e, ââles familles se sont succĂ©dĂ© pour y dĂ©poser des bouquets. Ici, une mĂšre et ses trois enfants. LĂ , deux adolescentes, longs cheveux et tĂȘte baissĂ©e. Une dame plus ĂągĂ©e en fauteuil roulant, poussĂ©e par une infirmiĂšre et accompagnĂ©e dâun policier, portait ses fleurs, recroquevillĂ©e. Lâambiance y Ă©tait silencieuse, solennelle, sous un soleil Ă©blouissant. DerriĂšre le mĂ©morial, lâĂ©cole primaire Robb â constituĂ©e de plusieurs bĂątiments dâun Ă©tage â est nichĂ©e sous de grands arbres, pour la protĂ©ger des fortes chaleurs texanes. Dans les rues du quartier tranquille, le silence Ă©tait entrecoupĂ© de chants de coqs, de roucoulements dâoiseaux et de chiens qui aboyaient aprĂšs les rares passants, derriĂšre les clĂŽtures. Un autre lieu de recueillement a vu le jour en plein centre-ville, Ă la Placita », comme lâappelle Beatriz Fraire. Dans ce petit square situĂ© Ă lâangle des rues Main et Gerry â le centre de la municipalitĂ© â, 21 autres croix surplombĂ©es de cĆurs bleus ont Ă©tĂ© installĂ©es, gracieusetĂ© de lâĂglise luthĂ©rienne. Cette communautĂ© a besoin de moins de politique, et de plus dâamour, de foi », lance Shane Rehman aprĂšs sâĂȘtre agenouillĂ© longuement devant la croix Ă la mĂ©moire dâUziyah Garcia, quâil dĂ©crit comme un enfant qui adorait jouer dehors. M. Rehman Ă©tait un ami de la famille. Pas dâarmes Ă feu pour les jeunes La tuerie de mardi a rapidement ranimĂ© le dĂ©bat sur lâaccĂšs aux armes Ă feu aux Ătats-Unis. Rappelons quâen septembre dernier, le Texas a adoptĂ© lâune des lois les plus permissives du pays en autorisant le port du pistolet en public, sans restriction. Celui qui a Ă©tĂ© identifiĂ© comme le tueur, Salvador Ramos, Ă©tait sans casier judiciaire ni problĂšmes psychologiques connus Ă ce stade. Il nây avait pas vraiment de signe avant-coureur de son crime », avait indiquĂ© le gouverneur de lâĂtat, Greg Abbott, mercredi. Le 17 mai, au lendemain de ses 18 ans, il achĂšte un fusil dâassaut semi-automatique. Le surlendemain, 375 cartouches. Et le 20 mai, il acquiert un second fusil, a dĂ©taillĂ© mercredi le directeur du dĂ©partement de la SĂ©curitĂ© publique du Texas, Steven McCraw. Deux armes apparaissent alors sur un compte Instagram qui semble ĂȘtre le sien, dĂ©sactivĂ© depuis. Les enquĂȘteurs se penchent maintenant sur des textos quâaurait envoyĂ©s Ramos sur la plateforme Yubo, quelques minutes avant le massacre, dont un selon lequel il sâapprĂȘtait Ă tirer dans une Ă©cole primaire », a confiĂ© une source policiĂšre Ă lâAssociated Press sous le couvert de lâanonymat. Pour Beatriz Fraire, les jeunes ne devraient pas ĂȘtre en mesure de se procurer des armes Ă feu, point. La loi fait fausse route, soutient-elle. On ne devrait pas permettre Ă des bĂ©bĂ©s, Ă des enfants dâacheter des armes. Le tireur avait 18 ans, il nâĂ©tait pas assez mĂ»r pour en avoir une ! » Une vision partagĂ©e par Albert Villega, un prieur bĂ©nĂ©vole » de la ville voisine de San Antonio, sur place pour offrir son soutien. Câest comme le Wild Wild West, oĂč tout le monde a le droit de porter une arme, dĂ©nonce-t-il. On a besoin de lois plus restrictives ! » Pour Jesse Ortiz, un homme de 50 ans habitant devant lâĂ©cole Robb rencontrĂ© la veille par La Presse, lâaccĂšs aux armes devrait au contraire ĂȘtre Ă©largi. Je sais que tout le monde ne partage pas mon opinion, a-t-il confiĂ©, mais selon moi, on devrait armer les professeurs. Parce que ce sont eux, la premiĂšre ligne de dĂ©fense pour nos enfants. Pas la police. » Beatriz Fraire, elle, voudrait dĂ©sormais voir des gardiens armĂ©s Ă la porte des Ă©coles. On ne se sent pas en sĂ©curitĂ© », rĂ©sume-t-elle. En attendant dâavoir des rĂ©ponses, les survivants de la fusillade doivent vivre avec lâhorreur. Je ne veux pas retourner au travail, dit Mme Fraire, la voix chevrotante. Parce que jâai peur, si je quitte mes enfants, de ne plus jamais les revoir. » En savoir plus 1 006 555 Nombre de permis dâarme Ă feu au Texas en 2021 SOURCES RAND CORPORATION ET CBC NEWS 45,7 % Proportion dâadultes vivant dans un foyer oĂč se trouve une arme Ă feu au Texas SOURCES RAND CORPORATION ET CBC NEWS
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DuBELLAY vers 1550. France, mĂšre des arts, des armes et des lois. Joachim du Bellay (1515-1560), lâun des poĂštes de « la PlĂ©iade », auteur avec Ronsard de la cĂ©lĂšbre DĂ©fense et illustration de la langue française, Ă©crivit Ă Rome, oĂč il avait accompagnĂ© son oncle le cardinal,
Accueil DĂ©couvrez toutes nos Ă©tudes Lâintervention des Ătats-Unis dans la PremiĂšre Guerre mondiale Quatre soldats - un Français, un Anglais, un Italien et un AmĂ©ricain - avec la statue de la LibertĂ© Date de crĂ©ation 1918 Date reprĂ©sentĂ©e 1917 MusĂ©e 422 / 4 FI 30-2789. DĂ©dicace de l'artiste "Respectueux et cordial hommage Ă Madame et Monsieur Davaine. A Saint-Amand. 13 septembre 1926". Titre manuscrit de l'exemplaire de cette lithographie au MusĂ©e de l'Histoire contemporaine, F1 83 La lutte Date de publication Octobre 2003 Auteur Luce-Marie ALBIGĂS et Marine VASSEUR Lâintervention des Ătats-Unis dans la PremiĂšre Guerre mondiale Lâintervention des AmĂ©ricains Les Etats-Unis, qui avaient dâabord rĂ©solu de rester neutres, en 1914, sont entrĂ©s en guerre, le 6 avril 1917, aux cĂŽtĂ©s de lâEntente â France, Royaume-Uni, Russie â et de ses alliĂ©s â Belgique, Serbie, Japon, puis Italie, Roumanie, Portugal, GrĂšce et Chine. La guerre sous-marine Ă outrance » dĂ©cidĂ©e par les Allemands qui torpillent les navires commerciaux neutres et leurs intrigues au Mexique ont prĂ©cipitĂ© les AmĂ©ricains dans lâautre camp. Au printemps 1918, les Allemands dĂ©gagĂ©s du front de lâEst car les Russes se sont retirĂ©s du combat Ă la suite de la rĂ©volution dâOctobre armistice en dĂ©cembre 1917 et traitĂ© de Brest-Litovsk le 3 mars 1918 peuvent reprendre leurs attaques Ă lâouest. Mais, Ă partir de mars 1918[1] principalement, les Etats-Unis envoient en Europe une armĂ©e qui, au moment de lâarmistice, dĂ©passera deux millions dâhommes. Sans cette intervention extra-europĂ©enne dĂ©cidĂ©e en 1917, lâEntente Ă©tait surpassĂ©e en effectifs et financiĂšrement ruinĂ©e. En juin et juillet 1918, la 2e division amĂ©ricaine contribue efficacement Ă interdire la progression des Allemands vers Paris. Une fraternitĂ© dâarmes pour le combat de la LibertĂ© Cette lithographie de 71 cm sur 54 cm met en scĂšne les quatre principaux alliĂ©s de la fin du premier conflit mondial[2]. Tel un gĂ©nie tutĂ©laire, la statue de la LibertĂ©, offerte par la France pour le centenaire de lâindĂ©pendance amĂ©ricaine, domine la composition. Cette LibertĂ© nâa pas les traits fĂ©minins de la statue de Bartholdi, mais un visage farouche. Car lâallĂ©gorie donne sens Ă la fraternitĂ© dâarmes de trois soldats, un français, un anglais et un italien, cĂŽte Ă cĂŽte dans une tranchĂ©e, et Ă lâengagement, dâun militaire amĂ©ricain debout, prĂȘt Ă lâaction. Le bras levĂ© de la statue est coupĂ© par le cadrage, mais la scĂšne de la tranchĂ©e, au premier plan, resplendit pourtant en pleine lumiĂšre, comme Ă©clairĂ©e par son flambeau invisible. Le dessin vigoureux de Lucien Jonas[3], peintre militaire pendant la guerre de 14-18, figure ici les combattants accrochĂ©s Ă la dĂ©fense du territoire et brosse diffĂ©remment, comme une immense apparition Ă©mergeant des tĂ©nĂšbres, lâallĂ©gorie puissante de la LibertĂ©. La composition et le style distinguent ainsi deux plans, celui de la rĂ©alitĂ© visible et celui de lâĂ©lan Ă©pique qui lâanime. Les soldats, tout Ă leur devoir, scrutent la ligne de front, mais la LibertĂ© regarde le spectateur dans les yeux, faisant appel Ă sa conscience. Accroupi au bord de la tranchĂ©e, le soldat français, qui porte lâinsigne du 127e rĂ©giment dâinfanterie de Valenciennes, touche de la main le sol sacrĂ© de la mĂšre patrie, prĂȘt Ă bondir. La dĂ©fense de la terre nâest pas ici une abstraction. Le territoire national est envahi. Des milliers dâhommes se battent quotidiennement pour lui et font corps, vivants ou morts, avec cette terre dans les tranchĂ©es. Son fusil posĂ©, le soldat britannique, Ă©quipĂ© dâun des premiers modĂšles de masque Ă gaz, se dresse courageusement, en compagnon dâarmes rĂ©solu et sans crainte. Le bersagliero italien occupe une place plus en retrait. Devant eux gĂźt, abandonnĂ©, un casque Ă ergots, utilisĂ© par lâarmĂ©e allemande Ă partir de fĂ©vrier 1916, signe dĂ©risoire de la proximitĂ© de lâennemi. Par rapport aux autres belligĂ©rants engluĂ©s dans lâunivers des tranchĂ©es, le soldat amĂ©ricain coiffĂ© dâun casque se dresse debout, le pied gauche en avant, baĂŻonnette au canon du fusil. Il est cependant lâĂ©lĂ©ment neuf, prĂȘt au mouvement. Aux soldats et aux civils, il apporte lâespĂ©rance de la victoire. La lutte pour la libertĂ©, mystique de guerre Lucien Jonas a rĂ©alisĂ©, en octobre 1917, une autre lithographie intitulĂ©e Hardi les gars, jâarrive »[4], qui prĂ©sente une composition proche mais non la mĂȘme conviction. Ici, lâintensitĂ© du message rĂ©side dans son dĂ©pouillement nos soldats unis combattent sans relĂąche pour la dĂ©fense de la libertĂ© ; la situation figĂ©e des tranchĂ©es peut ĂȘtre renversĂ©e par les nouveaux effectifs amĂ©ricains. A lâoccasion du 14 juillet 1918, lâartiste montre que le dĂ©sintĂ©ressement hĂ©roĂŻque des combattants est animĂ© par la valeur suprĂȘme de la LibertĂ©. La statue de Bartholdi, souvent utilisĂ©e par les affichistes, symbolise ici Ă la fois la fraternitĂ© des pays issus de rĂ©volutions dĂ©mocratiques et la dĂ©termination inĂ©branlable des AlliĂ©s nĂ©e de la justesse de leur cause. Lâartiste tĂ©moigne de la conviction exceptionnelle quâavaient les pays de lâEntente de dĂ©fendre la libertĂ©. Son dessin Ă©claire une interrogation profonde comment la PremiĂšre Guerre mondiale a-t-elle pu cristalliser un tel phĂ©nomĂšne de rĂ©sistance et de sacrifice de la part de millions de combattants et de civils pendant quatre ans ? Georges Bernanos, ancien combattant lui-mĂȘme, lâanalysera en 1941 Georges Bernanos, Lettre aux Anglais, 1941 Il nâest pas de guerre possible sans une mystique de guerre et câest le peuple, non la bourgeoisie, qui a donnĂ© Ă la guerre de 1914 sa mystique. Câest finalement contre le nationalisme et le militarisme allemands que se sont Ă©levĂ©s nos hommes. » Le peuple de France a cru faire cette guerre, pour le Droit, la Justice, la paix universelle », pour accomplir la mission que lâhistoire lui aurait confiĂ©e, comme tous les combattants lâont appris sur les bancs de lâĂ©cole rĂ©publicaine de Jules Ferry ». Pierre VALLAUD, 14-18, la PremiĂšre Guerre mondiale, tomes I et II, Paris, Fayard, 2004. Georges BERNANOS, Lettre aux Anglais Paris, Gallimard, 1946. Jean-Baptiste DUROSELLE La Grande Guerre des Français 1914-1918 Paris, Perrin, 1998. Les Affiches de la Grande Guerre Historial de la Grande Guerre, Amiens, Martelle Editions, 1998. Mario ISNENGHI La PremiĂšre Guerre mondiale Paris-Florence, Casterman-Giunti, 1993. Journal de la France et des Français, chronologie politique, culturelle et religieuse, de Clovis Ă 2000 Paris, Gallimard, 2001. Claudine WALLART Sur une affiche de Lucien Jonas », in Cent images, cent textes, cent ans Ă Valenciennes, Valentiana, Revue dâhistoire des Pays du Hainaut Français n° 25-26, numĂ©ro double 1er-2e semestre 2000. Luce-Marie ALBIGĂS et Marine VASSEUR, Lâintervention des Ătats-Unis dans la PremiĂšre Guerre mondiale », Histoire par l'image [en ligne], consultĂ© le 24/08/2022. URL Albums liĂ©s DĂ©couvrez nos Ă©tudes La France au service de l'unitĂ© italienne AprĂšs les rĂ©volutions de 1848, lâItalie a retrouvĂ© le rĂ©gime de 1815 dâun cĂŽtĂ© des petites souverainetĂ©s despotiques sans aucun lien confĂ©dĂ©ral⊠La France, [âŠ], reçoit de Louis XVIII la Charte constitutionnelle A la mort de Louis XVIII en 1824, son frĂšre le comte d'Artois 1757-1836 accĂšde au trĂŽne et porte jusquâaux Trois Glorieuses le nom de Charles X.⊠Une reprĂ©sentation de Louis XIV DĂ©cidĂ© peu aprĂšs la paix de NimĂšgue 10 aoĂ»t 1678, le programme iconographique du plafond de la galerie des Glaces Ă Versailles constitue une⊠Les caisses dâĂ©pargne La question sociale et le livret de caisse dâĂ©pargne Les caisses dâĂ©pargne apparaissent dans divers pays europĂ©ens Ă la fin du XVIIIe⊠La Guerre LâarmĂ©e française prĂȘte Ă repartir au front ?A la fin des annĂ©es 1880, prĂšs de vingt ans aprĂšs la dĂ©faite de Sedan, les idĂ©es revanchardes⊠Louis XIV couronnĂ© par la Victoire La guerre de Hollande 1672-1678 menĂ©e par Louis XIV contre les Provinces-Unies les Pays-Bas actuels relĂšve de plusieurs causes, mais la⊠La guerre de dĂ©volution Revendiquer les droits de la reineLe dĂ©cĂšs du roi dâEspagne Philippe IV, survenu le 17 septembre 1665, rĂ©veille les appĂ©tits dynastiques de Louis⊠Thomas Couture et la dĂ©cadence LâallĂ©gorie, une grande tradition picturaleFormĂ© dans lâatelier dâAntoine Gros et de Paul Delaroche, Thomas Couture se rĂ©vĂšle rapidement un⊠Hommage Ă la reine Marie-ThĂ©rĂšse La mort dâune reine Alors quâun almanach imprimĂ© pour lâannĂ©e 1683 reprĂ©sentait Les RĂ©jouissances universelles sur lâheureuse naissance de⊠AllĂ©gorie de la rĂ©gence dâAnne dâAutriche La rĂ©gence dâAnne dâAutriche Si sa date de rĂ©alisation est attestĂ©e â 1648 â, on ignore Ă la fois qui a commandĂ© la toile et son emplacementâŠ
Joachimdu Bellay Paroles de « France, mĂšre des arts, des armes et des lois »: France, mĂšre des arts, des armes et des lois, / Tu mâas nourri longtemp Deutsch English Español Français Hungarian Italiano Nederlands Polski PortuguĂȘs (Brasil) RomĂąnÄ Svenska TĂŒrkçe ÎλληΜÎčÎșÎŹ ĐŃлгаŃŃĐșĐž Đ ŃŃŃĐșĐžĐč ĐĄŃĐżŃĐșĐž ۧÙŰč۱ۚÙŰ© ÙŰ§Ű±ŰłÛ æ„æŹèȘ íê”ìŽ
PubliĂ© le 23/07/2021 Ă 1826, Mis Ă jour le 26/07/2021 Ă 1841 Le port d'armes Ă feu est exclusivement rĂ©servĂ© aux fonctionnaires des administrations. PHILIPPE HUGUEN / AFP FOCUS - Lors d'un hommage rendu Ă trois gendarmes tuĂ©s en dĂ©cembre dernier dans le Puy-de-DĂŽme, le ministre de l'IntĂ©rieur GĂ©rald Darmanin a annoncĂ© vouloir restreindre davantage la dĂ©tention d'armes de guerre transformĂ©es.Je proposerai trĂšs prochainement d'interdire l'acquisition et la dĂ©tention des armes de guerre transformĂ©es qui sont aujourd'hui en circulation», a dĂ©clarĂ© GĂ©rald Darmanin jeudi 22 juillet lors d'un discours prononcĂ© Ă la gendarmerie d'Ambert, Ă laquelle Ă©taient rattachĂ©s les trois militaires tuĂ©s le 22 dĂ©cembre Ă Saint-Just par un homme, Frederik Limol, qui Ă©tait lourdement lire aussiArmes illĂ©gales un arsenal invisible au service de la dĂ©linquanceLa lĂ©gislation française concernant la dĂ©tention d'armes Ă feu est dĂ©jĂ trĂšs restrictive, l'une des plus strictes d'Europe. Actuellement, que permet ou ne permet pas la loi ?Rappelons d'abord que la dĂ©tention est trĂšs diffĂ©rente du port d'armes Ă feu. Le port d'armes est strictement rĂ©servĂ© aux membres des administrations pour une utilisation professionnelle. Il existe nĂ©anmoins quelques trĂšs rares dĂ©rogations qui concernent des personnes ou personnalitĂ©s menacĂ©es, sur dĂ©cisions exceptionnelles de l'administration. La dĂ©tention d'armes Ă feu, quant Ă elle, est bien dĂ©finie par la loi. Elle concerne les tireurs sportifs, les chasseurs et Ă©galement certaines personnes menacĂ©es. L'arme doit ĂȘtre alors conservĂ©e dans un coffre-fort, avec munitions placĂ©es Ă l'Ă©cart. Le transport est autorisĂ© seulement entre le domicile et le lieu d' catĂ©gories d'armesLes armes - et parmi elles les armes Ă feu - sont classĂ©es en France par catĂ©gories de A Ă D. De ces quatre groupes va dĂ©pendre la possibilitĂ© ou non de dĂ©tenir une arme. Le critĂšre de ces catĂ©gories n'est pas la dangerositĂ© mais le mode de fonctionnement et le calibre», fait remarquer Laurent-Franck Lienard, avocat pĂ©naliste, spĂ©cialiste du droit des premiĂšre catĂ©gorie A contient des armes de guerre automatiques tirant par rafale ou des lance-roquettes par exemple. Elles sont interdites en France pour les catĂ©gorie B regroupe des armes de poing pistolets, revolvers etc., d'Ă©paule carabines semi-automatiques, Ă impulsion Ă©lectrique ou les bombes lacrymogĂšnes. Elles nĂ©cessitent une autorisation de la prĂ©fecture pour ĂȘtre achetĂ©es. Cette autorisation, dĂ©livrĂ©e dans la cadre du tir sportif, nĂ©cessite une formation de 6 mois dans un stand de tir et sera valide pour une durĂ©e de 5 ans. Une liste d'infractions rend automatiquement impossible cette autorisation. Une vĂ©rification des antĂ©cĂ©dents judiciaires est donc rĂ©alisĂ©e, mais tous les cinq ans seulement, au moment oĂč l'autorisation est dĂ©livrĂ©e par la prĂ©fecture et Ă son renouvellement. Il faudrait rendre cette vĂ©rification annuelle, plaide Laurent-Franck Lienard, au lieu d'Ă©largir une liste d'infractions dĂ©jĂ extrĂȘmement longue», comme envisage de le faire GĂ©rald Darmanin. Il faut noter qu'un prĂ©fet peut Ă tout moment interdire par dĂ©cision particuliĂšre et revenir sur une catĂ©gorie C comprend notamment des armes d'Ă©paule semi-automatiques, ou des armes Ă air comprimĂ©. Il est possible de les acheter librement pour les tireurs sportifs, les chasseurs ou les collectionneurs, mais il est obligatoire de les dĂ©clarer Ă la prĂ©fecture. L'administration peut Ă©videmment s'opposer Ă la dĂ©tention de l'arme. Dans ce cas, le demandeur est notifiĂ© qu'il doit s'en dessaisir, puis doit le justifier. S'il ne le fait pas dans un dĂ©lai de trois mois les services de police interviennent», explique Laurent-Franck les armes de catĂ©gorie D sont gĂ©nĂ©ralement en vente libre, interdite nĂ©anmoins aux mineurs. Ce sont par exemple certaines bombes lacrymogĂšnes ou certaines armes Ă impulsion Ă©lectrique dont on retrouve la liste sur le site voir aussi - Aux armes et cĂŠtera la vie des soldats français victimes de stress post-traumatiqueArmes de guerre transformĂ©esOĂč se situent donc ces armes de guerres transformĂ©es» actuellement dans le viseur du ministre ? Ces armes sont en rĂ©alitĂ© des armes de catĂ©gorie B, semi-automatiques, ou de catĂ©gories C, Ă rĂ©pĂ©tition manuelle, sauf qu'elles ont l'allure et l'apparence d'armes de guerre automatiques», explique au Figaro Yves Gollety, prĂ©sident du syndicat national des lire aussiDijon, Nice...Face Ă des armes de guerre, la police a-t-elle les moyens d'intervenir ?Les armes de guerre transformĂ©es ne correspondent donc pas forcĂ©ment Ă une catĂ©gorie en particulier. Elles sont d'ailleurs parfois surclassĂ©es en fonction des critĂšres complexes de la catĂ©gorisation. MĂȘme Ă rĂ©pĂ©tition manuelle, certaines armes peuvent ĂȘtre surclassĂ©es en catĂ©gorie B voire en A selon divers critĂšres calibre particulier 7,62 mm pour la Kalachnikov par exemple, longueur totale ou longueur de canon trop courte, capacitĂ© de chargeur trop Ă©levĂ©e», prĂ©cise pour Le Figaro Jeanne Ciuffa, avocate au barreau de anciennesQu'en est-il des couleuvrines, arquebuses, mousquets et autres armes Ă feu anciennes ? Concernant ces armes, celles dont le modĂšle est antĂ©rieur Ă 1900, il faut Ă©galement se rĂ©fĂ©rer aux catĂ©gories correspondantes. Elles sont gĂ©nĂ©ralement classĂ©es dans la catĂ©gorie D, sauf une liste d'armes surclassĂ©es en A, B ou C par arrĂȘtĂ©, compte tenu de leur dangerosité», note Jeanne prĂ©cision pour les Français qui auraient retrouvĂ© au fond d'un grenier un vieux Ruby de la Grande Guerre ou un Browning 10/22 de la Seconde Guerre mondiale qu'elle ait Ă©tĂ© conçue en 1901 ou en 2021, une arme de poing reste classĂ©e en catĂ©gorie B voire parfois surclassĂ©e en A, sauf si elle est prĂšs de trois millions de Français possĂšdent une arme de catĂ©gorie B ou C, dites lĂ©tales, principalement des tireurs sportifs ou des voir aussi - L'Ătat de New York annonce des mesures d'urgence pour limiter les armes Ă feu
Cebon accueil fait aux cultures et aux crĂ©ateurs Ă©trangers sâinscrivait dans une politique assez systĂ©matique et, au fond, assez traditionnelle, visant Ă imposer dans le monde lâimage dâune France mĂšre des arts et des lettres, Ă dĂ©faut de pouvoir ĂȘtre plus longtemps celle des armes et des lois, dâune nouvelle AthĂšnes faisant piĂšce Ă la Rome amĂ©ricaine.
DerniĂšres Infos AFP / le 24 avril 2020 Ă 17h41 Vue d'un quartier de La Grand-Combe, dans le Gard, village oĂč un jeune AlgĂ©rien a sauvĂ© une femme de son habitation en feu. Photo d'archives Pascal GUYOT / AFP Sans-papier en France depuis une dizaine d'annĂ©es, un AlgĂ©rien de 29 ans a sauvĂ© mi-avril une nonagĂ©naire des flammes en plein confinement, dans une localitĂ© du sud du pays. Un fait d'armes qui lui vaut le soutien du maire de la commune, qui va demander sa rĂ©gularisation."Je vais m'en occuper, le prendre sous mon aile et demander Ă la prĂ©fecture un dossier de rĂ©gularisation", a expliquĂ© vendredi Ă l'AFP Patrick Malavieille, le maire communiste de La Grand-Combe Sud, ancienne citĂ© miniĂšre durement frappĂ©e par le chĂŽmage et la pauvretĂ©. "On parle parfois de la jeunesse avec un a priori, ou alors on Ă©voque les jeunes dans les pages des faits divers oĂč ils ne sont pas toujours Ă l'honneur. Cet Ă©vĂ©nement met en valeur le courage et la bravoure", a insistĂ© le maire de La Grand-Combe 60 km au nord-ouest de NĂźmes.Le 15 avril, en plein confinement - en vigueur en France depuis le 17 mars - Houari Hakiki avait portĂ© secours, aidĂ© d'un ami, Ă une femme de 92 ans bloquĂ©e dans un immeuble en feu, avant mĂȘme l'arrivĂ©e des secours sur place. Mais il avait pris la fuite en entendant la sirĂšne des services de secours, sans doute par peur. "J'Ă©tais avec Houari et on a vu des flammes. Il m'a dit viens on va voir ce qui se passe", a racontĂ© cet ami, Malik Zaid, 26 ans, Ă l'AFP "A notre arrivĂ©e sur place les pompiers n'Ă©taient pas encore lĂ et une dame Ă©tait au second Ă©tage, sur le balcon". Les deux hommes ont alors montĂ© les escaliers, dĂ©couvrant que la nonagĂ©naire a Ă©tĂ© enfermĂ©e Ă clef dans l'appartement par son aide-mĂ©nagĂšre, partie faire des courses. Ils dĂ©foncent alors la porte pour la libĂ©rer. "Il fallait absolument la sauver, ça pouvait ĂȘtre ma grand-mĂšre", a commentĂ© auprĂšs de l'AFP Houari Hakiki, considĂ©rant son attitude simplement "normale" "Si c'Ă©tait Ă refaire, je le referais." Sans-papier en France depuis une dizaine d'annĂ©es, un AlgĂ©rien de 29 ans a sauvĂ© mi-avril une nonagĂ©naire des flammes en plein confinement, dans une localitĂ© du sud du pays. Un fait d'armes qui lui vaut le soutien du maire de la commune, qui va demander sa rĂ©gularisation."Je vais m'en occuper, le prendre sous mon aile et demander Ă la prĂ©fecture un dossier de rĂ©gularisation", a...
France mĂšre des arts, des armes et des lois, Tu mâas nourri longtemps du lait de ta mamelle : Ores, comme un agneau qui sa nourrice appelle, Je remplis de ton nom les antres et les bois.
France, mĂšre des arts, des armes et des lois,Tu mâas nourri longtemps du lait de ta mamelle Ores, comme un agneau qui sa nourrice appelle,Je remplis de ton nom les antres et les tu mâas pour enfant avouĂ© quelquefois,Que ne me rĂ©ponds-tu maintenant, ĂŽ cruelle ?France, France, rĂ©ponds Ă ma triste nul, sinon Ăcho, ne rĂ©pond Ă ma les loups cruels jâerre parmi la plaine,Je sens venir lâhiver, de qui la froide haleineDâune tremblante horreur fait hĂ©risser ma tes autres agneaux nâont faute de pĂąture,Ils ne craignent le loup, le vent ni la froidure Si ne suis-je pourtant le pire du troupeau.
France mĂšre des arts, des armes et des lois. France, mĂšre des arts, des armes et des lois, Tu mâas nourri longtemps du lait de ta mamelle : Ores, comme un agneau qui sa nourrice appelle, Je remplis de ton nom les antres et les bois. Si tu mâas pour enfant avouĂ© quelquefois,
Cet article date de plus de cinq ans. L'exposition "Guerre et Paix Femmes dans le XXIeme siĂšcle" d'aprĂšs des clichĂ©s du photographe britannique Nick Danziger est prĂ©sentĂ©e Ă Monaco dans la Salle des expositions du Palais princier du 7 au 30 septembre 2011. Article rĂ©digĂ© par PubliĂ© le 06/12/2016 0630 Temps de lecture 2 min. "Qu'il s'agisse de guerre civile, de pogroms ou d'autres conflits armĂ©s, le corps des femmes fait bien trop souvent partie du champs de bataille" constataient en 2008 Heleen Mees et Femke van Zeijl, dans une contribution au journal "Project Syndicate" intitulĂ©e "La guerre contre les femmes". Elles rappellent que si le viol n'est pas un phĂ©nomĂšne nouveau dans les conflits, son utilisation comme arme de guerre s'est affirmĂ©e au cours du XXĂšme siĂšcle, tout d'abord durant la seconde guerre mondiale, mais aussi lors de conflits rĂ©cents comme au Rwanda ou en ex-Yougoslavie, oĂč le viol a Ă©tĂ© utilisĂ© Ă grande Ă©chelle dans des buts de nettoyage ethnique, qu'il s'agisse de contaminer avec le VIH les femmes tutsies ou de violer les femmes musulmanes pour les empĂȘcher de trouver un mari. C'est un journaliste amĂ©ricain qui donne le premier l'alerte dans les annĂ©es 90 en affirmant que des serbes de Bosnie ont fait prisonniers des femmes qu'ils violent systĂ©matiquement et qui sont rĂ©duites Ă l'Ă©tat d'esclaves sexuelles dans des camps. En 1998, le Tribunal pĂ©nal international pour le Rwanda reconnait le premier que les violences sexuelles sur les femmes sont constitutifs de crimes contre l'humanitĂ©, et font partie des Ă©lĂ©ments du gĂ©nocide. Mais c'est l'affaire de FocĂ jugĂ©e devant le Tribunal pĂ©nal international pour l'ex-Yougoslavie en 2007 qui va rĂ©ellement faire Ă©voluer le droit international sur ce sujet. Dans ce village de Bosnie-HerzĂ©govine, Ă population moitiĂ© serbe moitiĂ© musulmane, s'est dĂ©roulĂ©e entre 1993 et 1995 l'une des pages les plus noires de l'histoire des conflits au 20Ăšme siĂšcle. Dans cette affaire, le Tribunal international considĂšre pour la premiĂšre fois que le viol constitue "une violation des lois ou coutumes de la guerre" autrement dit, il le classe comme un crime contre l'humanitĂ©, soit le crime le plus grave en matiĂšre de droit pĂ©nal international juste aprĂšs le gĂ©nocide. Ce jugement a Ă©tĂ© saluĂ© par les organisations de dĂ©fense des droits de l'homme comme un tournant historique. Depuis d'autres juridictions internationales, comme le tribunal pĂ©nal international pour la Sierra LĂ©one, ont continuĂ© de faire progresser cette notion juridique en l'Ă©tendant notamment aux mariages forcĂ©s pratiquĂ©s par les soldats de Charles Taylor durant ce conflit. A voir aussi sur Culturebox - Rencontres-photographiques-d'Arles-les-tresors-de-la-valise-mexicaine-de-Robert-Capa - Le-photoreporter-Patrick-Chauvel-pose-la-guerre-a-nos-portes - Mami-Wata-la-mĂšre-nourriciĂšre-des-photographesNick Danziger Prolongez votre lecture autour de ce sujet tout l'univers Photographie
France mĂšre des arts, des armes et des lois (1975) on IMDb: Plot summary, synopsis, and more Menu. Movies. Release Calendar DVD & Blu-ray Releases Top 250 Movies Most Popular Movies Browse Movies by Genre Top Box Office Showtimes & Tickets In Theaters Coming Soon Movie News India Movie Spotlight. TV Shows. What's on TV & Streaming Top 250 TV Shows
Accueil / ThĂšme poĂšme / PoĂšmes / France, mĂšre des arts... PoĂšme sĂ©lectionnĂ© France, mĂšre des arts... France, mĂšre des arts, des armes et des lois, Tu mâas nourri longtemps du lait de ta mamelle Ores, comme un agneau qui sa nourrice appelle, Je remplis de ton nom les antres et les bois. Si tu mâas pour enfant avouĂ© quelquefois, Que ne me rĂ©ponds-tu maintenant, ĂŽ cruelle ? France, France, rĂ©ponds Ă ma triste querelle. Mais nul, sinon Ăcho, ne rĂ©pond Ă ma voix. Entre les loups cruels jâerre parmi la plaine, Je sens venir lâhiver, de qui la froide haleine Dâune tremblante horreur fait hĂ©risser ma peau. Las, tes autres agneaux nâont faute de pĂąture, Ils ne craignent le loup, le vent, ni la froidure Si ne suis-je pourtant le pire du troupeau. ->
citation1. France, mĂšre des arts, des armes et des lois, - Tu m'as nourri longtemps du lait de ta mamelle: - Ores, comme un agneau qui sa nourrice appelle, - Je remplis de ton nom les antres et les bois. Les Regrets de.
Analyse de France, mĂšre des Arts⊠» France mĂšre des arts⊠» est un poĂšme tirĂ© du recueil Les regrets de Joachim du Bellay Ă©crit en 1558. Ce poĂšme a Ă©tĂ© Ă©crit lorsquâil sĂ©journait Ă Rome. DuBellay reproche Ă ses collĂšgues humanistes dâĂȘtre de simples versificateurs qui jouent avec les mots se croyant ĂȘtre des savants alors que le contenu de leurs poĂšmes nâa aucune consistance. Lâexemplede ce sonnet composĂ© dâalexandrins prouve quâil essaye de faire le contraire. Les rimes, les figures de style Ă©voquĂ©es et le vocabulaire font de ce texte, un poĂšme simple en soi, mais particulier,propre Ă lâauteur. A travers ce poĂšme Du Bellay nous transmet toute sa souffrance notamment concernant son pĂ©riple au sein de la capitale italienne. Sa patrie française lui manque et cela inspire lepoĂšte. Lâimportance de ce texte rĂ©side sur lâappelle Ă sa patrie et dans les figures de styles que lâauteur Ă©voque pour nous montrer cette mĂ©lancolie. Tout dâabord ce poĂšme Du Bellay sâadresse Ă sonpays, la France dans lequel il va dĂ©sespĂ©rĂ©ment lui lancer des appels. Par exemple au vers 1 et 7 France ; France, France » en effet par cette rĂ©pĂ©tition, lâauteur nous montre son dĂ©sespoir. Maisaussi au vers 6 rĂ©ponds tu maintenant, ĂŽ cruelle » par cette personnification lâauteur nous montre peut-ĂȘtre quâil a eu tord de quittĂ©e sa patrie et en est vraiment déçu. Maintenant que nousavons vu Ă qui sâadressait le poĂšte, nous allons tenter dâinterprĂ©ter les figures de style quâĂ©voque notre auteur. Tout dâabord le poĂšte se manifeste par une comparaison comme un agneau qui sanourrice appelle » en effet par le biais de cette figure, lâauteur se compare Ă un agneau. Mais ce qui est important de souligner dans cette figure, sachant que la nourrice serrait la personnification dela France, lâauteur se voit comme un enfant perdu qui chercherait inlassablement Ă retrouver sa mĂšre. Aussi par cette figure, nous pouvons dĂ©duire la manifestation de sa dĂ©ception lors de sonâŠ
DUBELLAY : FRANCE, MĂRE DES ARTS, DES ARMES ET DES LOIS => extrait du recueil Les regrets, publiĂ© en 1558. C'est l'un des poĂšmes les plus cĂ©lĂšbres de Joachim du Bellay.
Vingt-cinq aprĂšs lâadoption de la Convention Internationale des Droits de lâEnfant, les Etats-Unis restent lâun des trĂšs rares Etats Ă ne pas lâavoir ratifiĂ©e. Le 20 novembre 1989 Ă New York, lâAssemblĂ©e GĂ©nĂ©rale des Nations Unies adopte la Convention internationale des droits de lâenfant CIDE. Vingt-cinq ans plus tard, ce jour est devenu JournĂ©e mondiale de lâenfance en France, et la CIDE a Ă©tĂ© ratifiĂ©e par 193 Etats. Deux ne lâont pas signĂ©e, le Soudan du Sud et la Palestine, du fait de leur statut ambigu au sein de la communautĂ© internationale. Deux autres lâont seulement signĂ©e, sans la ratifier. Câest le cas de la Somalie, mais aussi des Etats-Unis, troisiĂšme pays le plus peuplĂ© au monde, et premiĂšre puissance mondiale. De quoi sâinterroger. Oui Ă la signature, non Ă la ratification Ce nâest pas pour rien si lâon distingue signature et ratification. La simple signature par un Etat ne fait pas entrer la convention dans le droit interne », explique Jacques Fierens, juriste et philosophe spĂ©cialisĂ© dans les droits de lâenfant. Autrement dit, se contenter de signer la CIDE nâoblige en aucun cas lâEtat Ă appliquer les dispositions qui y sont prĂ©vues. BenoĂźt Van Keirsbilck, directeur de DĂ©fense des Enfants International DEI, renchĂ©rit La signature est un simple engagement politique. La ratification implique la mise en Ćuvre de cette convention, en mettant en place des services, en adoptant certaines mesures, en faisant appliquer les dispositions de la convention devant les juges. » Si la signature est faite par le pouvoir exĂ©cutif, la ratification revient gĂ©nĂ©ralement au pouvoir lĂ©gislatif. Aux Etats-Unis, câest donc le rĂŽle du CongrĂšs. Les Etats Unis ont signĂ© la Convention Internationale des Droits de lâEnfant le 16 fĂ©vrier 1995, soit dĂ©jĂ cinq ans aprĂšs les 60 premiers Etats signataires. Mais la ratification ne suit pas, et par consĂ©quent, les dispositions de la CIDE nâont pas force obligatoire aux Etats-Unis. Si certains des droits de lâenfant quâelle garantit sont bafouĂ©s sur le territoire amĂ©ricain, les citoyens ne peuvent sâen prĂ©munir devant les tribunaux. La peine de mort des mineurs, obstacle Ă la ratification Certaines dispositions de la CIDE ont-elles pu dissuader les Etats-Unis de la ratifier ? On y parle pourtant de non discrimination, de droit Ă lâĂ©ducation, Ă la santĂ©, ou mĂȘme au repos et au loisir. Mais un article a en effet bien pu gĂȘner le CongrĂšs amĂ©ricain, et câest lâarticle 37 Nul enfant ne soit soumis Ă la torture ni Ă des peines ou traitements cruels, inhumains ou dĂ©gradants. Ni la peine capitale ni lâemprisonnement Ă vie sans possibilitĂ© de libĂ©ration ne doivent ĂȘtre prononcĂ©s pour les infractions commises par des personnes ĂągĂ©es de moins de dix-huit ans . Selon les juristes, cette mention de la peine de mort et de la prison Ă la perpĂ©tuitĂ© est sans aucun doute Ă lâorigine de la rĂ©ticence des Etats-Unis Ă ratifier la Convention. En 1989, annĂ©e dâadoption de la CIDE, nombre dâEtats des Etats-Unis pratiquaient encore ces deux peines radicales sur les mineurs de plus de 16 ans. Mais en 2005, la cour suprĂȘme a dĂ©noncĂ© la peine de mort des mineurs lors dâun procĂšs , souligne BenoĂźt Keirbilck La cour a mĂȘme fait rĂ©fĂ©rence Ă la Convention internationale des droits de lâenfant dans son arrĂȘt, ce qui Ă©tait assez Ă©tonnant. Mais la loi nâa pas changĂ© ; nous ne sommes pas tout Ă fait Ă lâabri dâun revirement de jurisprudence. » Aux Etats-Unis, les dĂ©cisions de la cour suprĂȘme ont toutefois une trĂšs forte portĂ©e, et ce jugement Ă©quivaut quasiment Ă lâabolition de la peine de mort sur les mineurs. MalgrĂ© cette avancĂ©e, le CongrĂšs, qui nâa pas entĂ©rinĂ© dans une loi cette dĂ©cision, nâa toujours pas ratifiĂ© la CIDE. Lors de ses deux campagnes, Barack Obama sâĂ©tait pourtant engagĂ© Ă le faire. Un excĂšs dâego des Etats-Unis ? Jacques Fierens donne une raison quâil dit plus subjective » et personnelle » Ă ce que les Etats-Unis rechignent Ă signer cette convention Ils se croient les maĂźtres du monde, et ne sont donc pas trĂšs enclins Ă ratifier les conventions internationales. Câest une maniĂšre de signifier quâils sont au-dessus de cela. » BenoĂźt Van Keirsbilck le rejoint sur ce point Les Etats-Unis nâaiment pas avoir le regard dâune instance extĂ©rieure sur leur droit interne. » Pourtant, chose paradoxale et assez inĂ©dite dans le droit international, les Etats-Unis ont ratifiĂ© deux des trois protocoles facultatifs annexes Ă la CIDE, qui traitent respectivement de lâexploitation sexuelle des enfants, de leur implication dans les conflits armĂ©s, et dâune saisine directe du ComitĂ© des droits de lâenfant. Des protocoles que mĂȘme certains Etats parties Ă la CIDE nâont toujours pas signĂ©, rappelle BenoĂźt Keirbilck, qui ajoute GĂ©nĂ©ralement, les Etats qui ratifient des protocoles facultatifs ont dĂ©jĂ signĂ© la convention originale. » Le cas des Etats-Unis apparaĂźt donc comme une raretĂ© » du droit international, conclut le juriste.
France mĂšre des arts, des armes et des lois, Tu mâas nourri longtemps du lait de ta mamelle : Ores, comme un agneau qui sa nourrice appelle, Je remplis de ton nom les antres
Nouveau coup dur pour le patron de lâUDI Jean-Christophe Lagarde, dĂ©fait aux derniĂšres lĂ©gislatives dans son fief de Seine-Saint-Denis il devra comparaĂźtre le 3 octobre 2022 devant le tribunal correctionnel de Paris avec sa belle-mĂšre, pour lui avoir octroyĂ© un emploi fictif dâassistante parlementaire. Jean-Christophe Lagarde, 54 ans, sera jugĂ© pour dĂ©tournement de fonds publics, tandis que Monique Escolier-Lavail, la mĂšre de sa femme, comparaĂźtra pour recel de dĂ©tournement de fonds publics, a indiquĂ© jeudi le parquet national financier PNF, sollicitĂ© par lâAFP. Mme Escolier-Lavail a Ă©tĂ© employĂ©e Ă lâAssemblĂ©e nationale entre mai 2009 et aoĂ»t 2010, selon LibĂ©ration. Nous contestons formellement les soupçons exprimĂ©s Ă lâencontre de Jean-Christophe Lagarde par le parquet national financier, au terme dâune enquĂȘte qui nâa Ă©tĂ© ni impartiale ni contradictoire», a rĂ©agi lâavocat de M. Lagarde, Me Yvon Goutal. Contrairement aux autres responsables politiques nationaux, Jean-Christophe Lagarde nâa pas pu bĂ©nĂ©ficier dâun juge dâinstruction, dont la mission est dâenquĂȘter Ă charge et Ă dĂ©charge», a-t-il dĂ©noncĂ©. LâĂ©volution de la procĂ©dure va enfin nous donner accĂšs Ă des magistrats devant lesquels nous pourrons prouver lâinnocence de mon client», a ajoutĂ© Me Goutal. Ouverture dâune enquĂȘte prĂ©liminaire Le PNF avait ouvert une enquĂȘte prĂ©liminaire en octobre 2017 aprĂšs la plainte dâun conseiller municipal dâopposition, HacĂšne Chibane. Dans cette plainte, il sâinterrogeait sur lâactivitĂ© dâassistante parlementaire de lâĂ©pouse de M. Lagarde, Aude Lavail-Lagarde, entre 2002 et 2014. Mme Lavail-Lagarde avait dĂ©missionnĂ© de ses fonctions Ă lâAssemblĂ©e nationale en 2014 aprĂšs quâun militant centriste eut accusĂ© M. Lagarde de lâemployer illĂ©galement. Dans sa plainte, M. Chibane affirmait Ă©galement que M. Lagarde, maire de Drancy Seine-Saint-Denis de 2001 Ă 2017, employait simultanĂ©ment plusieurs autres collaborateurs pour ses activitĂ©s parlementaires» qui Ă©taient simultanĂ©ment collaborateurs de cabinet du maire et salariĂ©s par la commune», selon lui. Lâaudience devant le tribunal correctionnel le 3 octobre ne concerne que Jean-Christophe Lagarde et sa belle-mĂšre Monique Escolier-Lavail. Lors de lâenquĂȘte, le domicile du couple Lagarde et la mairie de Drancy avaient Ă©tĂ© perquisitionnĂ©s en fĂ©vrier 2019. VidĂ©o les 7 images marquantes du jeudi 4 aoĂ»t 2022 DĂ©couvrir plus de vidĂ©os Adjoint de sa femme Jean-Christophe Lagarde, prĂ©sident de lâUDI Union des dĂ©mocrates et indĂ©pendants depuis 2014, sâest emparĂ© en 2001 de la ville de Drancy, historiquement communiste. Il avait dĂ» dĂ©missionner pour se conformer Ă la loi sur le non-cumul des mandats lors de sa réélection aux lĂ©gislatives de juin 2017. Son Ă©pouse, Aude Lavail-Lagarde, avait alors pris sa succession Ă la tĂȘte de cette ville dâenviron habitants. Elle a Ă©tĂ© réélue en 2020. AprĂšs vingt ans de rĂšgne et quatre mandats Ă la tĂȘte de la cinquiĂšme circonscription de Seine-Saint-Denis 2002-2022, il a Ă©tĂ© battu aux derniĂšres lĂ©gislatives par lâInsoumise Raquel Garrido Nupes. Il conserve nĂ©anmoins un mandat local il a Ă©tĂ© Ă©lu le 14 juillet 11e adjoint Ă la mairie de Drancy, un des postes les mieux rĂ©munĂ©rĂ©s selon un document consultĂ© par lâAFP. Cette Ă©lection a Ă©tĂ© contestĂ©e pour la deuxiĂšme fois devant le tribunal administratif. Dans la pratique, il reste trĂšs prĂ©sent dans la vie municipale, notamment en tant que conseiller chargĂ© de la coordination des conseils de quartier. Il occupe le terrain au point que certains DrancĂ©ens lui donnent toujours du Monsieur le maire». Dâun point de vue judiciaire, il est visĂ© avec un policier en poste Ă Drancy par une plainte dâun journaliste du Point pour abus de confiance» Ă la suite dâun article mensonger publiĂ© fin juin mettant en cause le couple de dĂ©putĂ©s LFI Raquel Garrido et Alexis CorbiĂšre. Des accusations que lâex-dĂ©putĂ© rĂ©fute. Cet article fait parallĂšlement lâobjet dâune enquĂȘte Ă Paris pour escroquerie. En mars 2021, M. Lagarde avait Ă©tĂ© placĂ© en garde Ă vue aprĂšs la dĂ©couverte de plusieurs armes Ă son domicile par des policiers, appelĂ©s pour un diffĂ©rend familial. Par ailleurs, le parquet financier enquĂȘte sur des soupçons dâemplois irrĂ©guliers Ă la mairie de Bobigny, quand elle Ă©tait gĂ©rĂ©e par lâUDI, le parti de M. Lagarde.
citation1. France, mĂšre des arts, des armes et des lois, - Tu m'as nourri longtemps du lait de ta mamelle: - Ores, comme un agneau qui sa nourrice appelle, - Je remplis de ton nom les antres
1 Ă propos de lâessor nouveau des recherches en sciences sociales sur le sujet, voir lâĂ©tat des lieu ... 1Des amazones mythiques aux viragos des romans, de Nikita Ă Lara Croft, des hĂ©roĂŻnes de mangas aux sorciĂšres, nombreuses sont les figures fĂ©minines violentes qui peuplent lâimaginaire des productions culturelles et mĂ©diatiques. HĂ©roĂŻques ou monstrueuses, dĂ©signĂ©es parfois comme les instigatrices de la violence des hommes, elles suscitent Ă la fois lâengouement, la fascination et la rĂ©pulsion. La violence des femmes, jusquâĂ une date rĂ©cente en France1, est pourtant restĂ©e une question trĂšs peu explorĂ©e dans le champ des sciences humaines et sociales, en particulier en sociologie de la dĂ©viance et des institutions pĂ©nales. On rĂ©pugne Ă aborder le sujet, reproduisant au niveau de lâanalyse ⊠la rĂ©ticence Ă sâapprocher du corps des femmes, autre que maternel Perrot, 2002, 125. Cette formule de Michelle Perrot Ă propos des violences faites aux femmes sâapplique Ă©galement aux violences exercĂ©es par les femmes, comme si le corps des femmes Ă©tait, jusque dans les recherches, toujours associĂ© au maternel et donc au care Paperman, Laugier, 2006, Ă la sollicitude et au soin. Les femmes violentes contribuent ainsi Ă brouiller les frontiĂšres, Ă instaurer un trouble qui est bien social et non pas seulement de lâordre de lâexceptionnalitĂ© historique ou clinique. Le dĂ©fi est double. Non seulement il sâagit de sâattaquer Ă une notion â la violence â dĂ©finie par les anthropologues et les philosophes comme ce rĂ©sidu impensable, irrationnel, intolĂ©rable qui dĂ©fie les catĂ©gories de lâanalyse Lenclud, Claverie, Jamin, 1984 ; Lavergne, Perdoncin, 2010, mais il faut en plus la dĂ©cliner au fĂ©minin â alors mĂȘme que lâordre des sexes et des genres et, au-delĂ , lâordre social, fait de la violence un attribut du masculin viril. 2En proposant ce numĂ©ro spĂ©cial de Champ PĂ©nal, il sâagit par consĂ©quent dâinterroger ce couple en apparence impossible. En apparence seulement si la violence constitue un domaine rĂ©servĂ© des hommes, ils nâen ont pas pour autant le monopole. Oui, les femmes sont violentes malgrĂ© leur douce nature, affirmaient ironiquement Arlette Farge et CĂ©cile Dauphin Dauphin, Farge, 1997, 12 dans leur ouvrage pionnier De la violence et des femmes. IndĂ©niablement minoritaire en termes dâoccurrence statistique, la violence des femmes est un phĂ©nomĂšne constant. Et ceci se vĂ©rifie aussi bien Ă la pĂ©riode contemporaine que dans les Ă©poques prĂ©cĂ©dentes, et dans des aires gĂ©ographiques trĂšs variĂ©es. De la mĂȘme maniĂšre que pour Durkheim, le suicide ou le crime, loin dâĂȘtre pathologiques, sont des phĂ©nomĂšnes rĂ©guliers et dignes dâinvestigation sociologique, nous voudrions monter tout lâintĂ©rĂȘt pour les sciences sociales de penser lâaccĂšs des femmes Ă la violence. 3La violence des femmes peut ĂȘtre analysĂ©e sous des angles divers. Pour ce numĂ©ro, nous avons fait le choix de nous intĂ©resser Ă la dimension sexuĂ©e du contrĂŽle social de la violence, formalisĂ© dans des institutions lĂ©gales, non limitĂ©es aux institutions pĂ©nales institutions disciplinaires, judiciaires, para-pĂ©nales, cliniques, qui jouent Ă la fois comme des instances de reconnaissance et dâoccultation de la violence fĂ©minine. Comment, dans quels espaces et selon quelles modalitĂ©s sâexercent concrĂštement la prise en charge de la violence des femmes ? Pour rĂ©pondre Ă ces questions, il convient de se pencher sur les pratiques professionnelles, le fonctionnement des institutions de rĂ©gulation, mais aussi dâinterroger lâarticulation entre savoir et pouvoir Foucault, 1975 dans sa dimension sexuĂ©e. En quoi les catĂ©gories profanes et savantes contribuent-elles Ă rejouer les processus de diffĂ©renciation des sexes et confĂšrent Ă la violence des femmes un caractĂšre contre-nature ou privĂ© ? Ce faisant, il sâagit de poursuivre le chantier ouvert par dâautres et de contribuer Ă Ă©clairer la maniĂšre dont les sociĂ©tĂ©s vivent, pensent et imaginent la violence fĂ©minine Dauphin, Farge, 1997, 11 et de mettre au jour la dimension sexuĂ©e de lâordre et du contrĂŽle social pour mesurer, in fine, lâenjeu social et politique que revĂȘt la reconnaissance de cette violence fĂ©minine. 4Cette reconnaissance ne relativise pas celle des violences faites aux femmes, elle ne conduit pas non plus Ă proposer une symĂ©trie entre violences des et violences sur les femmes. Par ailleurs, dire que les femmes sont des ĂȘtres douĂ©s de violence nâĂ©rige pas pour autant les hommes en victimes de femmes surpuissantes, comme le prĂ©tendent les discours masculinistes et antifĂ©ministes. Se complexifie en revanche le jeu des interactions et des assignations de rĂŽle. I - LâeuphĂ©misation du phĂ©nomĂšne 5La violence fĂ©minine se prĂ©sente sous le mode dâune prĂ©sence/absence. HypertrophiĂ©e, ultravisible, elle nâen est pas moins occultĂ©e, voire dĂ©niĂ©e â les deux processus, on le verra, allant souvent de pair. Comment expliquer cette invisibilitĂ©, qui concerne aussi bien le monde social que les recherches scientifiques ? 1. La dĂ©finition de la violence une savonnette 2 Ă dĂ©faut de pouvoir nous appuyer sur une Ă©tude historique de lâapparition et de la disparition du ... 6Cette invisibilisation tient dâabord Ă la violence elle-mĂȘme. Il est convenu, dans les analyses sur la violence, de rappeler combien le terme demeure Ă la fois difficile Ă dĂ©finir et Ă dĂ©crire. Il suffit, pour sâen convaincre, de se plonger dans diffĂ©rents codes pĂ©nal, civil, code de procĂ©dure pĂ©nale2. Sur le plan pĂ©nal, la violence ne constitue pas une infraction ou une catĂ©gorie en soi comme le vol, le viol, les coups et blessures volontaires. Il sâagit surtout dâune circonstance aggravante pour qualifier une infraction, comme par exemple le vol avec violence ou dans le code civil un motif de rupture de contrat, que la violence ait eu lieu ou pas la menace de violence ». Dans les codes, le terme de violence » est le plus souvent employĂ© au pluriel et dĂ©fini par dĂ©faut dans une Ă©chelle de comportements et dâinfractions coups, ruse, intimidation, violence, torture et actes de barbarie. Il constitue une forme de mot valise qui permet aux acteurs de la chaĂźne policiĂšre et judiciaire dâenglober toute une sĂ©rie dâinfractions et dâactivitĂ©s en les qualifiant de violentes », sans quâil y ait un rĂ©pertoire de faits et gestes a priori constituĂ© de ces formes de violence. Câest en quelque sorte une case vide, laissĂ©e Ă lâapprĂ©ciation des lĂ©gislateurs, au mĂȘme titre quâune autre notion, celle de danger » article 375 du code civil. Ce constat invite Ă beaucoup de prudence Ă lâĂ©gard dâune dĂ©finition prĂ©cise dâune notion dont on voit bien quâelle a vocation Ă rester floue, y compris pour le droit. Ce qui implique, du point de vue de la recherche, de sâinterroger sur les opĂ©rations de qualifications des infractions et des actes. 7Se pose en effet un problĂšme mĂ©thodologique majeur quand on Ă©tudie la violence faut-il sâintĂ©resser uniquement au processus dâĂ©tiquetage par les acteurs de ce quâils/elles considĂšrent comme violent et non-violent, sachant que les seuils de tolĂ©rance Ă la violence diffĂšrent dâun groupe social Ă lâautre, dâune Ă©poque Ă lâautre, dâune situation Ă lâautre ? Sont-ce les chercheur-e-s en sciences sociales qui dĂ©signent tel Ă©vĂ©nement, tel fait comme violent â au risque de proposer une dĂ©finition trĂšs extensive de la violence ? En ce qui concerne lâĂ©tude des femmes, les opĂ©rations de requalification et de traduction sont trĂšs importantes car il ne sâagit pas seulement de mettre en Ă©vidence la violence fĂ©minine la plus spectaculaire, mais dâexhumer des situations de violence fĂ©minine, dĂ©niĂ©es comme telles, ou euphĂ©misĂ©es, obligeant Ă dĂ©coder les archives. Dans tous les cas, la dĂ©signation de la violence, quâelle Ă©mane des acteurs Ă©tudiĂ©s ou du discours scientifique qui produit ses propres catĂ©gories, nâest pas neutre, elle oblige Ă procĂ©der Ă une sĂ©lection dont les effets sont performatifs. 2. Le tabou fĂ©ministe de la violence des femmes 8La difficultĂ© Ă rendre compte de la violence, Ă la fois sur le plan empirique et sur le plan thĂ©orique, est redoublĂ©e par un processus dâinvisibilisation des femmes - ces fameuses silencieuses de lâHistoire » Perrot, 1998. Comme le montre lâouvrage dirigĂ© par FrĂ©dĂ©ric Chauvaud et Gilles Malandain 2009, les femmes qui passent devant la justice aux XIXe et XXe siĂšcles se trouvent dans un double bind impossibles victimes » et impossibles coupables », les femmes peinent Ă faire reconnaĂźtre comme non pathologiques ou non exceptionnelles les violences dont elles sont victimes, mais aussi les violences quâelles infligent. Indissociables, ces deux opĂ©rations tĂ©moignent de la position mineure » des femmes. 9Lâorganisation sociale repose en effet sur la mise en scĂšne matĂ©rielle et symbolique dâune bipolaritĂ© qui distribue tĂąches et stĂ©rĂ©otypes, opposant nature/culture, espace privĂ©/espace public, donner la vie/donner la mort, force/faiblesse, virilitĂ©/fĂ©minitĂ©, sexe masculin/sexe fĂ©minin Ortner, 1998 ; HĂ©ritier, 1996. Cette division sexuelle des rĂŽles, des stĂ©rĂ©otypes et des symboles confine le groupe des femmes Ă ĂȘtre des agents de pacification des mĆurs et non des guerriĂšres â ou plus exactement Ă se voir interdire les armes les plus sophistiquĂ©es. Tel est le principe mis au jour par lâanthropologue Paola Tabet qui a enquĂȘtĂ© sur les rĂšgles de rĂ©partition des outils et a constatĂ© un gap technologique entre les sexes Tabet, 1979, 10. Il va sans dire que ces usages se dĂ©clinent de maniĂšre trĂšs variable et que les systĂšmes de distribution, tout en Ă©tant Ă©minemment sexuĂ©s, prĂ©voient des exceptions. Il existe bel et bien des femmes Ă cĆur dâhomme HĂ©ritier, 1996, qui jettent le trouble et dĂ©placent les normes, jusquâĂ Ă©roder les fondements mĂȘmes du principe de monopole masculin des armes Pruvost, 2008. 10Du point de vue chronologique, lâĂ©tude scientifique de lâappropriation par les femmes du pouvoir de violence sâest faite aprĂšs la mise en Ă©vidence des violences faites aux femmes, et ce, pour des raisons stratĂ©giques. Les Ă©tudes sur les genres, liĂ©es au mouvement de libĂ©ration des femmes, ont obĂ©i Ă la logique de lâurgence politique de changement des lois et des pratiques il Ă©tait impĂ©ratif de rendre visible lâoppression, structurelle, matĂ©rielle et physique, imprimĂ©e sur le corps mĂȘme des femmes. Le recensement des actes concrets dont sont victimes les femmes constitue un enjeu majeur de reconnaissance du phĂ©nomĂšne comme fait social Jaspard et alii, 2003 car en la matiĂšre, il peut y avoir trois pas en avant et deux pas en arriĂšre Chetcuti et alii, 2007. Il Ă©tait crucial que les violences faites aux femmes deviennent un problĂšme public Gusfield, 2009. Elles sont dĂ©sormais entrĂ©es dans lâagenda politique et lĂ©gislatif. La table des matiĂšres du dernier code pĂ©nal en tĂ©moigne une entrĂ©e Ă part entiĂšre est rĂ©servĂ©e aux violences faites aux femmes cf. le DĂ©cret n°2010-671 du 18 juin 2010 - art. 2. Le phĂ©nomĂšne est dĂ©sormais sexuĂ© les femmes sont dĂ©signĂ©es en tant que telles comme victimes de la violence dans le code de procĂ©dure pĂ©nale, civil et pĂ©nal. 3 Il faut noter quâune troisiĂšme victime » de violence est nommĂ©ment citĂ©e, il sâagit des agents d ... 11Ainsi, alors mĂȘme que les codes français restent flous, comme on lâa vu, quant Ă la caractĂ©risation des violences et des auteurs de ces mĂȘmes violences, les contours des victimes potentielles de ces violences sont en revanche plus prĂ©cis. Le relevĂ© systĂ©matique des usages du terme de violence » dans les codes rĂ©vĂšle que les femmes et les mineurs constituent les deux catĂ©gories de victimes principales associĂ©es au terme de violence »3. Cette inscription dans le droit traduit plus largement lâassociation paradigmatique entre la catĂ©gorie femme » et la catĂ©gorie de victime », mais aussi entre femme » et non-violence ». 4 Butler, 2005. 12Dans un tel cadre, la mise en Ă©vidence de lâhĂ©tĂ©rogĂ©nĂ©itĂ© du groupe des femmes et notamment de la participation des femmes Ă la violence est pĂ©rilleuse sur le plan politique et peut conduire, pour des questions de rationalitĂ© politique, Ă une forme dâessentialisation4 Butler, 2005. De fait, rares sont les fĂ©ministes comme la philosophe Marie-Jo Dhavernas Ă mettre en lumiĂšre, Ă lâĂ©poque du Mouvement de LibĂ©ration des Femmes, la participation implicite des fĂ©ministes au mythe de la non-violence fĂ©minine. Il me semble, que lâĂ©vitement du problĂšme provient en grande partie dâun implicite du Mouvement [de LibĂ©ration des Femmes], toutes tendances confondues, qui, au nom de la critique de la violence, cautionne le mythe de la non-violence des femmes que celle-ci vienne de la biologie, de lâinconscient ou de la culture, peu importe en lâoccurrence. On a entendu dire, hors du Mouvement mais parfois aussi dans le Mouvement, que le "sexe qui donne la vie ne peut pas vouloir donner la mort", ce qui est faire bon marchĂ© de lâambivalence de lâamour notamment maternel ou parental et oublier que donner la vie, câest aussi, par dĂ©finition, donner la mort puisque sâil y a mort absolue, il nây a pas de vie qui ne contienne de la mort. [âŠ] Par ailleurs, le fait mĂȘme que les femmes puissent avoir quelque chose Ă voir avec la violence, dans un autre espace que celle de victime, apparaĂźt souvent comme presque sacrilĂšge [âŠ], il contrevient Ă lâimage de la femme douce et pire, de la Bonne MĂšre et dĂ©range lâordre dichotomique de la sociĂ©tĂ© Dhavernas, 1981. 5 Cf. supra notre Ă©tat des lieux bibliographique. 13Mais le point de vue de Marie-Jo Dhavernas est restĂ© isolĂ© au sein du MLF comme de la scĂšne acadĂ©mique. Les Ă©tudes sur les genres ont suivi lâagenda militant en sâintĂ©ressant dâabord aux violences faites aux femmes et Ă la domination masculine avant de trouver un intĂ©rĂȘt scientifique Ă la violence des femmes. Lâouvrage dirigĂ© par A. Farge et C. Dauphin, sâil est prĂ©cĂ©dĂ© de recherches historiques monographiques5 est le premier Ă oser rĂ©unir des travaux portant Ă la fois sur les violences faites aux femmes et les violences exercĂ©es par les femmes. Le titre de lâouvrage De la violence et des femmes, 1997 est Ă la mesure de cette double ambition. Ce projet ne sâest cependant pas fait sans mal. Voici comment lâanthropologue Marie-Ălisabeth Handman retrace le projet de recherche collectif qui est Ă lâorigine du livre Je me souviens avoir mis un an et demi Ă dĂ©cider les historiennes fĂ©ministes, tenant sĂ©minaire Ă lâEHESS dont certaines avaient participĂ© Ă lâouvrage dirigĂ© par G. Duby et M. Perrot, Histoire des femmes [âŠ], Ă travailler sur la violence des femmes. Elles craignaient que celle-ci ne soient, une fois de plus, stigmatisĂ©es ; or, il me paraĂźt nĂ©cessaire de dire que les femmes ne sont pas moins violentes que les hommes ; simplement les causes de leurs violences et les formes quâelles empruntent sont le plus souvent diffĂ©rentes de celles des hommes et sâinscrivent dans les marges que leur laissent les hommes pour les exercer Handman, 2003, 73. 14De fait, lâouvrage Ă sa sortie, nâa pas Ă©tĂ© plĂ©biscitĂ© par la communautĂ© des historien-ne-s et plus largement des sciences humaines. 6 CĂ©cile Prieur La justice est plus clĂ©mente envers les femmes quâenvers les hommes », Le Monde, 2 ... 15Sur une tout autre scĂšne, celle des mĂ©dias nationaux, il est intĂ©ressant de noter la rĂ©ception faite Ă lâĂ©tude sociodĂ©mographique de France-Line Mary sur les femmes et la justice pĂ©nale 1996a et b. Dans les mois qui ont suivi la parution de ses rĂ©sultats, plusieurs articles de journaux en avaient conclu Ă une justice pĂ©nale plus clĂ©mente Ă lâĂ©gard des femmes » et dĂ©nonçaient ce phĂ©nomĂšne6. Lâauteure raconte quâaprĂšs la mĂ©diatisation parfois erronĂ©e ou en tout cas caricaturĂ©e de son travail, certaines chercheuses lui ont reprochĂ© dâentacher la cause des femmes. 16Le fĂ©minisme dâEtat, Ă la fois issu et critiquĂ© par le Mouvement de LibĂ©ration des Femmes, semble Ă premiĂšre vue occuper une position de surplomb par rapport aux dĂ©bats fĂ©ministes sur la non-violence des femmes. Les diverses secrĂ©taires et ministres Ă la condition fĂ©minine, aux droits de la » puis des » femmes tranchent en posant lâĂ©galitĂ© professionnelle des hommes et des femmes comme un droit valant thĂ©oriquement pour tous les corps de mĂ©tier LĂ©vy, 1988 ; Bride Stetson, Mazur, 1995 les mĂ©tiers dâarme nâĂ©chappent pas Ă la rĂšgle de la fĂ©minisation des mĂ©tiers dâhommes, dâautant quâune partie dâentre eux relĂšve de la fonction publique. Le fĂ©minisme dâĂtat se trouve ainsi Ă mener de front deux chantiers tout au long des annĂ©es 1970 et des annĂ©es 1980 la fĂ©minisation de lâarmĂ©e, de la police, de lâadministration pĂ©nitentiaire et des douanes dâune part, la lutte contre les violences faites aux femmes, dâautre part. AprĂšs avoir obtenu la fĂ©minisation de lâensemble des grades, la levĂ©e des quotas discriminants pour les femmes dans les mĂ©tiers qui avaient nĂ©gociĂ© un rĂ©gime dâexception, les fĂ©ministes dâĂtat se sont dĂ©sintĂ©ressĂ©es des inĂ©galitĂ©s persistantes Pruvost, 2008. La lenteur du processus de fĂ©minisation dans ces mĂ©tiers dâarmes est cependant emblĂ©matique de la difficultĂ© Ă lever ces monopoles masculins. La permanence de coutumes bloquant ou restreignant lâaccĂšs des femmes aux brigades les plus outillĂ©es en armes sophistiquĂ©es et les plus exposĂ©es Ă la violence traduisent en outre la persistance des stĂ©rĂ©otypes de sexe et la transgression que constitue lâofficialisation de la prĂ©sence des femmes dans ces secteurs. Il est implicite que les femmes recrutĂ©es dans les mĂ©tiers dâordre doivent rester minoritaires Pruvost, 2007. LâĂ©galitĂ© recherchĂ©e par le fĂ©minisme dâĂtat est plus formelle que rĂ©elle. 17Ainsi peut-on dire que la participation des femmes Ă la violence constitue un objet embarrassant pour le mouvement fĂ©ministe, Ă la fois sur le plan militant et scientifique. Il faut dire que la reconnaissance du phĂ©nomĂšne est Ă haut risque dĂ©clarer les femmes du cĂŽtĂ© de la non-violence, câest redoubler lâinterdit qui leur est fait de revendiquer la violence comme ressource propre, câest accentuer leur marginalitĂ© politique au dĂ©triment dâautres groupes dominants les colonisĂ©s, par exemple pour lesquels la ressource de la violence est lĂ©gitimĂ©e, câest aussi jouer le jeu de lâessentialisme qui place les femmes du cĂŽtĂ© dâun pacifisme intemporel et intangible. Mais dans le mĂȘme temps, reconnaĂźtre lâusage de la violence par les femmes comme possible et souhaitable, câest postuler que lâaccĂšs Ă la violence est un progrĂšs social, câest valider lâidĂ©e dâun alignement des femmes sur les stĂ©rĂ©otypes masculins, et non lâinverse, câest poser comme horizon lâindissolubilitĂ© de la citoyennetĂ© et de la violence, et par lĂ renoncer Ă lâutopie de la non-violence. Autant dire que le malaise, suscitĂ© par ce double-bind, est loin dâĂȘtre dissipĂ©. 3. Le sous-enregistrement des actes de la violence des femmes 7 En 2004, selon lâobservatoire national de la dĂ©linquance, on compte, parmi les personnes mises en ... 8 Parmi les personnes condamnĂ©es en 2008, on comptait 60 216 femmes contre 577 449 hommes, soit un t ... 9 Selon les statistiques fournis par le ministĂšre de la Justice, au 1er septembre 2010, on comptait ... 18Faire du fĂ©minisme militant et acadĂ©mique le principal obstacle Ă lâĂ©mergence de la violence des femmes comme objet dâĂ©tude serait toutefois partial et erronĂ©. Si les femmes violentes ont longtemps Ă©tĂ© Ă©cartĂ©es du champ des recherches, câest en premier lieu en raison des difficultĂ©s du monde scientifique, en France notamment, Ă accorder une lĂ©gitimitĂ© aux Ă©tudes de genre en tant que telle. Dans ce processus dâoccultation, il faut prendre en compte la raretĂ© numĂ©rique des violences fĂ©minines. RaretĂ© quâil convient dâinterroger en mettant en Ă©vidence lâeffet dâaveuglement que produit lâĂ©vidence statistique Ă toutes les Ă©tapes du processus pĂ©nal, les femmes, quel que soit leur Ăąge, constituent une trĂšs nette minoritĂ©, validant ainsi les stĂ©rĂ©otypes de sexe autour de la violence comme propriĂ©tĂ© masculine. Les femmes reprĂ©sentent aujourdâhui en France 16% des individus mis en cause par la police7 et la gendarmerie, 9% des individus traduits en justice8 et 3,4% des personnes incarcĂ©rĂ©es9. Cette nette dissymĂ©trie entre les sexes, alors mĂȘme quâelle reflĂšte la dimension sexuĂ©e du contrĂŽle et de la rĂ©gulation sociale a rarement Ă©tĂ© Ă©tudiĂ©e en France et la violence des femmes son traitement comme son actualisation a Ă©tĂ© occultĂ©e â lĂ oĂč dâautres travaux ont pu interroger la perception et les modes de sanction de la violence des hommes Mucchielli, 2007. Cela tient Ă©galement Ă une acception restrictive de la notion de contrĂŽle social, rĂ©duite Ă la rĂ©action pĂ©nale Cardi, 2008, 2007a et b ; Laberge, 1992. En interrogeant essentiellement lâexpĂ©rience masculine de la dĂ©viance, les Ă©tudes sur la rĂ©action sociale » se sont le plus souvent centrĂ©es sur les sphĂšres carcĂ©rales et pĂ©nales. Et inversement en considĂ©rant exclusivement ces espaces, les chercheurs ont contribuĂ© Ă Ă©carter la question de la dĂ©viance des femmes. 19Travailler sur la violence des femmes implique alors de se doter dâoutils mĂ©thodologiques pour apprĂ©hender le phĂ©nomĂšne. Une analyse critique des sources et des instances dâĂ©tiquetage de la violence et de la non-violence sâimpose. Il sâagit tout dâabord de rappeler le sous-enregistrement de ces violences par les instances du contrĂŽle social, habilitĂ©es Ă comptabiliser ce type dâacte police, justice, travail social, prison et de montrer ensuite que lâinvisibilisation est entretenue par une prise en charge des femmes diffĂ©renciĂ©e de celle des hommes, sous dâautres appellations, entretenant dĂšs lors une dissymĂ©trie entre les sexes Cardi, 2008. 20Ce travail en cours de recensement alternatif des violences fĂ©minines ne conduit cependant pas Ă Ă©tablir une paritĂ© numĂ©rique. La dissymĂ©trie demeure. Comment la qualifier ? Faut-il dĂšs lors poser la violence des femmes en termes dâĂ©galitĂ©/inĂ©galitĂ©, de retard/rattrapage, de phĂ©nomĂšne mineur/majeur ? Un tel vocabulaire suppose un horizon social dans lequel la violence serait sexuellement indiffĂ©renciĂ©e. Spectre redoutĂ© qui sâest traduit de facto par la mise Ă lâĂ©cart de cet objet sale », par crainte dâun mĂ©susage politique des recherches scientifiques pointant la fĂ©minisation des groupes revendiquant lâusage de la violence. 21Penser la violence des femmes oblige en tout cas Ă ne pas uniquement sâintĂ©resser Ă la seule participation des femmes Ă des formes de violences rĂ©pertoriĂ©es, mais Ă mettre aussi lâaccent sur des formes plus discrĂštes, plus microscopiques de violence Handman, 1995 â obligeant ici Ă mettre en Ă©vidence la variĂ©tĂ© des formes de la violence empruntĂ©e par les femmes. En ce sens, le gap » matĂ©riel et cognitif entre les hommes et les femmes en matiĂšre dâusage des armes Tabet, 1979, nâimplique pas que ces derniĂšres ne font pas usage des objets quâelles ont Ă leur disposition. Ă trop mettre lâaccent sur la diffĂ©rence dâaccĂšs aux outils et aux armes les plus Ă©laborĂ©s, on peut en oublier que la violence peut emprunter dâautres voies. 22Ainsi, pour comprendre la violence des femmes, comme pour comprendre le contrĂŽle social qui leur est rĂ©servĂ©, il est important de ne pas se cantonner aux lieux les plus visibles de circulation de la violence, comme les guerres, les monopoles de la violence lĂ©gitime ou les institutions pĂ©nales qui sanctionnent les formes les plus visibles de la violence Cardi, 2008. Affirmer que les femmes sont moins violentes parce que moins prĂ©sentes en prison ne suffit pas. Il convient de renverser la question et de se demander si les femmes violentes ne sont pas en prison, oĂč sont-elles ? Il faut alors aller regarder du cĂŽtĂ© de la protection sociale, dans la mesure oĂč la violence des femmes peut se loger au cĆur mĂȘme des institutions du care. Cela conduit Ă revisiter ces lieux de protection sociale qui semblent garantir des formes douces de socialisation et Ă mettre en Ă©vidence la violence qui peut dĂ©couler de certaines formes de protection sociale Cardi, 2008. Il sâagit ainsi de rĂ©interroger les frontiĂšres du public et du privĂ© qui fondent bien souvent les typologies de la violence la violence qui a lieu en privĂ©, doit-elle pour autant ĂȘtre dĂ©politisĂ©e ? 23Si travailler sur la violence des femmes, câest avant tout exhumer de nouvelles sources, procĂ©der Ă une relecture des archives, changer de perspective pour rendre visible lâinvisible, câest aussi travailler sur lâenvers de ce processus dâoccultation. II - Les mises en rĂ©cit typiques entre rĂ©duction et extension du domaine de la lutte 24Lâun des moyens de prĂ©server la distinction entre les sexes, puisque tel est lâun des ressorts de lâinvisibilisation des femmes violentes par les institutions du contrĂŽle social, peut ĂȘtre Ă lâinverse de rĂ©duire la focale Ă quelques cas spectaculaires, en associant la violence fĂ©minine Ă des figures, significativement dotĂ©es dâun prĂ©nom, dâun nom propre qui les particularisent, et Ă un rĂ©pertoire dâaction typiquement fĂ©minin sans dĂ©cliner la variĂ©tĂ© des classifications qui traversent les Ă©poques et des mondes sociaux, on se contentera de citer lâinfanticide, le crime passionnel, lâempoisonnement, lâavortement. Ces crimes seraient le domaine rĂ©servĂ© des femmes. Parce quâils sont liĂ©s Ă la scĂšne domestique et conjugale, ils ne contreviennent pas aux stĂ©rĂ©otypes de sexe. 25Du cĂŽtĂ© des violences politiques, les femmes seraient plutĂŽt une force dâappoint plus ou moins spontanĂ©e, des Ă©meutiĂšres de la faim sâĂ©levant contre la vie chĂšre ou des mĂšres et Ă©pouses endeuillĂ©es qui manifestent contre la tyrannie dâun pouvoir qui enferme et tue leurs » hommes. Ces figures correspondent Ă©galement Ă la division sexuelle du travail qui confĂšre aux femmes la fonction de nourriciĂšres et de protectrices, et en ce sens, elles ne perturbent pas non plus lâordre des sexes. Autre forme de catĂ©gorisation qui permet dâĂ©viter toute confusion entre les rĂŽles de sexe aux garçons, les atteintes Ă lâordre public, les rixes et aux filles, la violence retournĂ©e contre soi, avec les tentatives de suicide, lâanorexie, lâhystĂ©rie. Ces classifications tĂ©moignent de lâĂ©tat des rapports sociaux de sexe, de ce qui est tolĂ©rable en matiĂšre de violences fĂ©minines Ă une Ă©poque donnĂ©e. Prise isolĂ©ment, chaque interprĂ©tation opĂšre une rĂ©duction de lâapprĂ©hension de la diversitĂ© des femmes et des causes de la violence fĂ©minine. 26Notre projet ici est de proposer un recensement des mises en rĂ©cit typiques qui traversent le monde social discours scientifique inclus et qui permettent de donner un sens Ă lâirruption de la violence fĂ©minine. On en a dĂ©nombrĂ© huit, Ă commencer par le cas spĂ©cifique du non-rĂ©cit, que Goffman appellerait le hors-cadre » Goffman, 1974 et qui peut conduire certains Ă©vĂ©nements impensables comme la violence des femmes Ă ne pas ĂȘtre reconnus comme Ă©vĂ©nement au moment de leur survenue. Minoration, sous-enregistrement, occultation, dĂ©ni constituent le premier rĂ©cit en creux de la violence des femmes. Les sept autres rĂ©cits que nous avons relevĂ©s reconnaissent la violence des femmes. 27Le deuxiĂšme rĂ©cit que nous avons relevĂ©reconnaĂźt Ă lâinverse la violence des femmes et propose une interprĂ©tation biologique du phĂ©nomĂšne, liĂ©e Ă la nature » fĂ©minine. InvoquĂ©e Ă charge ou Ă dĂ©charge, la violence des femmes est soit expliquĂ©e par la nature excessive et impulsive propre aux femmes ou Ă certaines femmes diabolisĂ©es, soit par lâargument inverse de la dĂ©naturation les femmes par nature douce seraient corrompues par la violence qui serait ici le symptĂŽme dâun manque ou dâun trop de fĂ©minitĂ©, en somme dâune nature dĂ©rĂ©glĂ©e. Câest ainsi que les criminologues, en particulier au XIXe siĂšcle, ont fait de la criminalitĂ© des femmes un mal de mĂšre », stipulant non seulement une diffĂ©rence de nature entre hommes et femmes, mais aussi entre les femmes, les criminelles et les normales ». Pour Cesare Lombroso 1896 par exemple, si les femmes sont, par nature, plus cruelles et immorales que les hommes, leur folie morale » serait partiellement anĂ©antie par la pudeur et lâinstinct maternel qui leur seraient propres â ce qui se manifesterait par leur moindre participation Ă la criminalitĂ© et leur plus grande religiositĂ©. Si malgrĂ© tant dâobstacles, une femme commet des crimes, câest une preuve que sa perversitĂ© est Ă©norme puisquâelle est parvenue Ă renverser tous les empĂȘchements Lombroso, 1896, 361. La plupart des femmes criminelles le seraient ainsi par occasion » ou par passion ». Chez ces derniĂšres, la pudeur et lâinstinct maternel demeurent elles passent Ă lâacte du fait dâune situation de misĂšre ou sous lâinfluence dâun homme. On y trouve toutefois, selon les deux criminologues italiens, les signes dâune certaine virilitĂ©. Pour exemple, les criminelles par occasion prĂ©sentent un goĂ»t pour les armes, un caractĂšre fier, Ă©nergique et rĂ©solu, elles peuvent avoir des passions politiques et une grande tendance et presque du plaisir Ă sâhabiller en homme Lombroso, 1896, 406. Les criminelles-nĂ©es » ou les prostituĂ©es-nĂ©es », sont, quant Ă elles, des femmes dĂ©naturĂ©es elles prĂ©sentent Ă la fois les signes dâune fĂ©minitĂ© hypertrophiĂ©e par exemple, cruautĂ© raffinĂ©e par vengeance, extra-sensibilitĂ© chez la prostituĂ©e-nĂ©e et certains attributs de la virilitĂ©, quand ils sont associĂ©s aux peuples primitifs » Ă propos des criminelles nĂ©es » et de leur sexualitĂ© exagĂ©rĂ©e », on peut lire Cet Ă©rotisme exagĂ©rĂ©, anormal pour la femme ordinaire devient pour beaucoup le point de dĂ©part de leur vices et de leurs crimes ; et contribue Ă en faire des ĂȘtres insociables, ne cherchant quâĂ satisfaire leurs violents dĂ©sirs, comme ces luxurieux barbares chez qui la civilisation et le besoin nâont pas encore disciplinĂ© la sexualitĂ© Lombroso, 1896, 361. Ce type dâexplication biologisante a largement Ă©tĂ© mis en cause par les criminologues eux-mĂȘmes. Toutefois, des Ă©tudes encore relativement rĂ©centes, en particulier sur la dĂ©linquance et la violence des filles, Ă©tablissent des corrĂ©lations entre prĂ©cocitĂ© des menstruations et propension Ă commettre des illĂ©galismes. 28Un troisiĂšme type de rĂ©cit consiste Ă psychologiser la violence des femmes et dans le mĂȘme temps Ă lâindividualiser et Ă la privatiser. Dans ce cas, soit on renvoie la violence Ă une psychologie fĂ©minine spĂ©cifique, soit on lâinscrit dans une histoire purement familiale qui lui donnerait sens â la violence est alors le symptĂŽme dâun mal-ĂȘtre profondĂ©ment individuel. Dans ce cas, il est moins question de violence que de marginalitĂ© » ou de symptĂŽme psychique » â la violence dĂ©signant avant tout un rapport Ă soi avant dâĂȘtre perçue comme un rapport aux autres et si les femmes sont perçues comme dangereuses, câest avant tout pour elles-mĂȘmes Cardi, 2008. Ce type dâinterprĂ©tation conduit Ă lâinvisibilisation de la violence des femmes dont on parlait prĂ©cĂ©demment. En prison par exemple, les suicides et automutilations des dĂ©tenues ne sont jamais considĂ©rĂ©s comme des modes de rĂ©sistance Ă lâordre carcĂ©ral. Devant la justice des mineurs, les actes violents de filles criminalisĂ©es sont interprĂ©tĂ©s Ă travers les catĂ©gories de la psychologie et contribuent Ă faire disparaĂźtre les filles des statistiques judicaires pĂ©nales. 29LâinterprĂ©tation culturaliste offre un quatriĂšme rĂ©cit de la violence des femmes, perçue alors comme lâidiosyncrasie dâun groupe avec ses rituels et sa culture propres. Cette interprĂ©tation repose souvent sur un regard ethnocentrique, visant Ă dĂ©grader un autre groupe social, jugĂ© infĂ©rieur, en qualifiant comme violent un phĂ©nomĂšne exogĂšne qui nâest pas toujours qualifiĂ© de la sorte par les groupes Ă©tudiĂ©s. On peut intĂ©grer dans ce type dâinterprĂ©tation le sort fait au XIXe siĂšcle Ă la femme populaire rebelle » et Ă lâhomme ouvrier, qui ont Ă©tĂ© considĂ©rĂ©s comme moins civilisĂ©s, moins Ă©duquĂ©s et donc dangereux en tant que classe aux yeux des classes supĂ©rieures Perrot, 1979 ; Scott, 1990. De la mĂȘme maniĂšre, les femmes noires esclaves sont caricaturĂ©es en femmes viriles et brutales, en mĂšres monstrueuses, en vue dâasseoir par voie de comparaison la suprĂ©matie des femmes blanches, mĂšres dâune race supĂ©rieure Dorlin, 2006. 30Un cinquiĂšme type de mise en rĂ©cit consiste Ă penser la violence des femmes Ă lâintĂ©rieur du cadre de la domination masculine. Il sâagit dâune violence subordonnĂ©e Ă la violence des hommes qui restent considĂ©rĂ©s comme les vĂ©ritables bras armĂ©s de la violence ou les plus dangereux, tandis que les femmes seraient plus inoffensives ou useraient des armes du faible. Dans ce cadre dâanalyse, tantĂŽt les femmes perdent leur statut de sujet violent. Elles sont dĂ©responsabilisĂ©es, et passent mĂȘme du statut de bourreau mineur Ă celui de victime. TantĂŽt au contraire, elles prennent la figure de la manipulatrice Ă lâorigine des violences infligĂ©es. Il sâagit alors dâune violence dĂ©lĂ©guĂ©e, et non autonome. Dans tous les cas, les femmes nâaccĂšdent pas au statut de sujet Ă part entiĂšre, susceptible de revendiquer la pleine possession et maĂźtrise des fins et des moyens de leurs actes. 31Le sixiĂšme type de rĂ©cit dĂ©coule du prĂ©cĂ©dent la violence des femmes est reconnue comme un acte politique, mais comme une exception qui confirme la rĂšgle, soit parce que le cas est isolĂ©, soit parce quâil sâagit dâun groupe trĂšs minoritaire, soit parce que cet accĂšs Ă la violence est provisoire, le temps dâune crise. La prĂ©sence des femmes dans les violences est alors soit hĂ©roĂŻsĂ©e dans le but de cĂ©lĂ©brer des figures exemplaires qui sâĂ©lĂšvent au-dessus de leur sexe, soit Ă©rigĂ©e en indice dâune dissolution de lâordre social, comme on a pu le dire au moment de la RĂ©volution française Godineau, 1996 ou encore aujourdâhui sur la dĂ©linquance des filles, lorsque lâon met en scĂšne leur cruautĂ© pour appuyer un discours sĂ©curitaire de retour Ă lâordre social. Le retour Ă lâordre passe alors par un retour Ă lâordre des sexes. Ainsi sont communĂ©ment traitĂ©es les femmes en armes, comme des parenthĂšses, des enclaves dans des territoires masculins, avec dans la plupart des cas, la re-crĂ©ation dâune division sexuelle du travail violent. Cette conception que lâon pourrait qualifier de carnavalesqueBakhtine, 1965 tend finalement Ă faire de ces transgressions des non-Ă©vĂ©nements, puisquâelles nâentraĂźnent pas le reste des femmes dans ce sillon. Au nom de lâuniversalitĂ© de la domination masculine, toutes celles et tous ceux pour qui cette expĂ©rience va ouvrir une brĂšche sont alors mis de cĂŽtĂ©. 32SeptiĂšme rĂ©cit, lâaccĂšs des femmes au pouvoir de la violence peut ĂȘtre identifiĂ© comme le signe tangible de lâĂ©mancipation des femmes et dâune indiffĂ©renciation possible. LâaccĂšs de toutes les femmes et non seulement quelques exceptions Ă la violence lĂ©gale et illĂ©gale peut ĂȘtre interprĂ©tĂ© a minima comme lâappropriation dâun pouvoir qui confĂšre une citoyennetĂ© Ă part entiĂšre, du point de vue de la stricte Ă©galitĂ© des sexes Pruvost, 2008. Ce phĂ©nomĂšne peut a maxima consacrer, dans certains cas, lâavĂšnement de la dĂ©mocratie et de communes libres. LâaccĂšs des femmes au pouvoir de violence ne conduit en tout cas pas nĂ©cessairement et mĂ©caniquement, en tant que tel, Ă la plus grande dĂ©mocratisation du fonctionnement interne et des pratiques des groupes armĂ©s. Si les femmes alignent leurs pratiques sur celles du groupe viril quâelles intĂšgrent, leur prĂ©sence permet seulement de contribuer au processus dâĂ©galitĂ© des sexes, sans transformer vĂ©ritablement le rapport de force entre les groupes dotĂ©s du pouvoir des armes et ceux qui en sont dĂ©pourvus Pruvost, 2008. LâidĂ©e du caractĂšre caduc de la diffĂ©rence de sexe sur le plan du droit, des pratiques et parfois des corps constitue le principe qui sous-tend cette mise en rĂ©cit. 33HuitiĂšme mise en rĂ©cit possible la violence des femmes dessine un horizon peuplĂ© dâAmazones qui inversent la domination masculine pour faire accĂ©der les femmes Ă une sociĂ©tĂ© matriarcale dans laquelle les femmes ont pris durablement le pouvoir sur les hommes. Fantasmatique, ce type dâorganisation sociale nâa pas encore Ă©tĂ© recensĂ© Ă ce point dâaboutissement dans les sociĂ©tĂ©s connues HĂ©ritier, 1996. Il sâagit surtout dâun discours. Lâimagination dâun monde dans lequel les femmes auraient gagnĂ© la guerre des sexes donne lieu Ă deux conclusions opposĂ©es, lâune crĂ©pusculaire sur la fin de la civilisation, lâautre enchantĂ©e, sur une sociĂ©tĂ© de femmes, libĂ©rĂ© de lâhĂ©tĂ©rosexisme. 34Il va sans dire que ces rĂ©cits typiques ne sont pas exclusifs lâun de lâautre, que les auteurs citĂ©s pour chaque mise en rĂ©cit se trouvent tantĂŽt dans la position de dĂ©nonciation, tantĂŽt de description scientifique, tantĂŽt de participation intellectuelle Ă ce mĂȘme rĂ©cit et quâil ne sâagit pas ici de faire un recensement exhaustif des Ă©pigones de chaque posture, ni de quantifier la part de chacun de ces rĂ©cits, encore moins de les inscrire dans une chronologie. On retiendra de cette typologie, partielle et partiale, que discours profanes et discours savants peuvent ĂȘtre confondus, quâils sont prolifĂ©rants, et rĂ©ductibles Ă deux tendances opposĂ©es les rĂ©cits tantĂŽt discrĂ©ditent, tantĂŽt valorisent la violence des femmes. ĂpiphĂ©nomĂšne, Ă©vĂ©nement subordonnĂ© ou symptĂŽme imparable, transgression majeure, lâoccurrence de la violence fĂ©minine, quand elle est reconnue, oblige en tout cas Ă prendre position. III - Le contrĂŽle social des femmes violentes 35Quel sens est donnĂ© par les institutions du contrĂŽle social Ă la violence des femmes ? Quelles sont les sanctions quâelles encourent ? En quoi ces femmes perturbent-elles les rapports sociaux de sexe ? Quels sont les problĂšmes mĂ©thodologiques que rencontrent les chercheur-e-s qui travaillent sur la violence des femmes ? Telles sont les interrogations auxquelles permettent de rĂ©pondre les contributions rĂ©unies dans ce dossier. 36Une partie des articles pointe tout dâabord la propension des institutions du contrĂŽle social Ă nier la violence des femmes en tant que telle. Câest en particulier le cas pour lâinceste au XIXe siĂšcle comme le souligne Fabienne Giuliani, le phĂ©nomĂšne incestueux est, depuis cette Ă©poque, intrinsĂšquement associĂ© Ă la gestuelle masculine. Et lâauteure dâhistoriciser cette masculinisation de la figure de lâincestueux, inscrite Ă la fois dans le code pĂ©nal et les discours philanthropiques qui se focalisent sur le pĂšre ouvrier, alcoolique et violent, perçu comme lâacteur unique de lâinceste et de la dĂ©chĂ©ance morale de son foyer ». La figure de la mĂšre auteure dâagression sexuelle sur son enfant reste de lâordre de lâimpensable. Les arts de lâĂ©poque suivent ce mouvement en prĂ©fĂ©rant mettre en scĂšne les figures de la sĆur et de la fille incestueuse Ă celle de la mĂšre. Ă une toute autre pĂ©riode et dans un tout autre espace social, on retrouve le mĂȘme processus Ă lâĆuvre câest le footballeur homme qui est censĂ© commettre les actes dâincivilitĂ© et dâagression physique recensĂ©s par lâObservatoire des comportements. Nicolas PĂ©nin, Fatia Terfous et Oumaya Hidri Neys notent ainsi dans leur article que les occurrences de violence fĂ©minine sont dâautant moins relevĂ©es quâelles sont noyĂ©es dans le flot numĂ©rique des cas de violences masculines. Les entretiens avec les responsables des instances de sanction confirment cette interprĂ©tation ils considĂšrent la violence des femmes comme quantitĂ© nĂ©gligeable. Loin de dĂ©couler mĂ©caniquement des faits observĂ©s sur le terrain de jeu, cette minoration de la violence fĂ©minine relĂšve dâune stratĂ©gie de communication pour les clubs, il est important que les footballeuses se distinguent de leurs homologues masculins, physiquement en apparaissant comme des garçons manquĂ©s et en termes de comportement en Ă©tant plus civilisĂ©es ». La violence est enfin dĂ©jouĂ©e par les arbitres qui sifflent davantage par crainte des blessures, optent pour le dialogue, contribuant Ă dĂ©samorcer une partie des violences qui auraient pu avoir lieu. On comprend alors en quoi non seulement la violence des femmes est occultĂ©e mais Ă©galement comment se mettent en place des mĂ©canismes sociaux qui cherchent Ă la prĂ©venir. 37La sous-reprĂ©sentation nâest pas seulement le fait du sous-enregistrement, mais aussi dâune division sexuelle du travail violent qui maintient les stĂ©rĂ©otypes de sexes. Dans ce cas, la violence est reconnue, mais interprĂ©tĂ©e sous le prisme de la domination masculine. Câest ainsi quâune partie des rares cas dâincestes fĂ©minins est au XIXe siĂšcle imputĂ©e au conjoint qui en serait lâinstigateur et qui maintiendrait sa femme en Ă©tat de faiblesse matĂ©rielle et affective, permettant ainsi selon la formule de Fabienne Giuliani de prĂ©server la barriĂšre de lâinstinct maternel. Câest aussi ce quâIsabelle Lacroix montre Ă partir du terrorisme basque qui, certes, connaĂźt une progression du nombre de femmes militantes, mais qui dans le mĂȘme temps, leur rĂ©serve, tout au moins publiquement, le travail du soin, du care des combattants et des prisonniers. Les mĂ©dias tendent aussi Ă maintenir lâimage de militantes continuant Ă mener une vie normale de mĂšre de famille. 38Dans la justice des mineurs sâobserve un autre type de rĂ©cit la psychologisation. VĂ©ronique Blanchard, Ă travers son Ă©tude de dossiers judicaires pendant les Trente Glorieuses montre que certaines de ces jeunes filles ont des comportements jugĂ©s dangereux pour elles et pour les autres, avec de rĂ©elles atteintes aux personnes. Mais [âŠ] ces phĂ©nomĂšnes de violence sont considĂ©rĂ©s comme relevant le plus souvent du soin et non du pĂ©nal. PsychologisĂ©e, la violence fĂ©minine est Ă©galement culturalisĂ©e, les filles dâorigine Ă©trangĂšre faisant lâobjet dâun phĂ©nomĂšne de virilisation. Dans son analyse sur lâobservation mĂ©dico-pĂ©dagogique des jeunes dĂ©linquantes en Belgique 1912-1965, David Niget souligne quant Ă lui que, jusquâau dĂ©but du XXe siĂšcle, si la brutalitĂ© paraĂźt ĂȘtre constitutive dâune masculinitĂ© en construction, la violence des jeunes filles reste impensable, secrĂšte ou symptomatique de leur Ă©tat pathologique. Avec la nouvelle doctrine pĂ©nologique qui prĂ©vaut en Belgique au dĂ©but du siĂšcle dernier et le dĂ©veloppement, au sein de la justice des mineurs, des sciences du psychisme pour Ă©valuer lâĂ©ducabilitĂ© des jeunes dĂ©linquants, on assiste Ă un nouveau type de catĂ©gorisation de la violence fĂ©minine. PensĂ©e du cĂŽtĂ© des troubles du comportement », elle est Ă la fois mise en visibilitĂ© et niĂ©e comme forme dâexpression en tant quâelle est pathologisĂ©e. Quâelle soit banalisĂ©e ou dramatisĂ©e, la mise en forme de la violence fĂ©minine par lâĂ©tiologie mĂ©dicale et psychologique, relĂšvent, dans les institutions dâobservation, dâune nĂ©gation de tout caractĂšre collectif ou social de toute dimension politique de cette rĂ©sistance. Ici, le rĂ©cit psychologisant, voire psychiatrisant, tend Ă dĂ©contextualiser, individualiser et dĂ©politiser la violence exercĂ©e par les filles. 39CĂ©dric Le Bodic prolonge cette analyse en proposant une lecture critique des travaux cliniques et criminologiques des vingt derniĂšres annĂ©es sur la violence sexuelle des femmes lâhomme est posĂ© comme la mesure de toute chose, relĂ©guant dâune part les dĂ©viantes sexuelles au rang de population spĂ©cifique et ancrant dâautre part, les dĂ©viances dans des qualitĂ©s propres Ă chaque sexe. Les auteurs de ces Ă©tudes cliniques en viennent Ă considĂ©rer que les femmes ne peuvent pas ĂȘtre des criminelles sexuelles, Ă moins de se transformer en homme sous lâeffet dâun trouble de lâimage de ce quâest une femme. Ces discours essentialistes permettent de ne pas perturber les stĂ©rĂ©otypes de sexe. 40Soumise Ă davantage dâobstacles organisationnels et symboliques, la violence fĂ©minine nâen est pas moins sanctionnĂ©e. Tel est lâautre point saillant qui Ă©merge des articles de ce numĂ©ro qui porte sur le contrĂŽle social de cette violence. PlutĂŽt que de se poser la question directe dâun traitement plus sĂ©vĂšre ou plus clĂ©ment par rapport aux hommes, impliquant une comparaison dĂ©licate supposant de mettre en relation pour les deux sexes des infractions Ă©quivalentes, accomplies par de acteurs de mĂȘme classe sociale dans des circonstances comparables, les auteurs de ce numĂ©ro ont explorĂ© le cheminement des femmes dans les institutions du contrĂŽle social les femmes violentes suivent-elles les mĂȘmes voies disciplinaires que leurs comparses masculins ? 41Fabienne Giuliani constate Ă ce propos que les femmes incestueuses, ne pouvant ĂȘtre inculpĂ©es pour viol, le sont pour attentat Ă la pudeur ou de complicitĂ© dâattentat Ă la pudeur. VĂ©ronique Blanchard montre quant Ă elle, comment le processus de psychologisation de la violence des mineures conduit Ă une prise en charge au plan civil. A contrario, lorsque lâon pĂ©nĂštre dans la sphĂšre des dangers fĂ©minins » le vagabondage, la prostitution, les mĆurs, les filles peuvent faire lâobjet de mesure de privation de libertĂ©, sans quâaucune infraction nâait Ă©tĂ© commise et reconnue Ce qui lĂ©gitime lâenfermement, câest alors moins la norme pĂ©nale que les stĂ©rĂ©otypes de genre transgressĂ©s par ces jeunes filles et qui obligent les femmes Ă faire preuve de pudeur. LâĂ©tude de David Niget conduit Ă mettre en Ă©vidence lâimportance de la prise en charge psychiatrique imposĂ©e aux jeunes dĂ©linquantes placĂ©es en institution Ă Saint-Gervais institution publique dâobservation situĂ©e prĂšs de Namur, nombreuses sont les filles jugĂ©es violentes ou rebelles » qui font lâobjet de traitements psychotropes et/ou sont enfermĂ©es pour une pĂ©riode plus ou moins longue au pavillon dâisolement ». MĂ©dicalisĂ©, il constitue une vĂ©ritable section disciplinaire. Lâinvention de nouveaux psychotropes sâaccompagne ainsi dâun retour Ă lâordre disciplinaire et Ă une lecture trĂšs dĂ©terministe des troubles du comportement, associant la violence fĂ©minine Ă une corporĂ©itĂ© pathologique. Il y a donc dĂ©placement des frontiĂšres du contrĂŽle social du pĂ©nal vers le civil, de lâĂ©ducation vers la psychiatrie. Se dessinent ainsi des espaces largement sexuĂ©s de prise en charge et de traitement de la violence, qui sâappuient et empruntent Ă des savoirs genrĂ©s. 42Les sanctions diffĂ©rentielles peuvent permettre de rĂ©instaurer lâordre des sexes forts et faibles. Isabelle Lacroix montre ainsi que dans le cas du terrorisme basque, les militantes dâETA tĂ©moignent en plus grand nombre sur les tortures sexuelles subies pendant leurs gardes Ă vue, rĂ©vĂ©lant la rĂ©assignation de ces femmes qui ont transgressĂ© les normes de genre au rang dâobjets de la domination sexuelle masculine. La sanction ne passe du reste pas seulement par les institutions du contrĂŽle social, mais aussi par le traitement mĂ©diatique qui Ă©tablit des portraits de ces femmes terroristes, comme plus froides, plus sanguinaires que les hommes. Dans le cas du football fĂ©minin, Nicolas PĂ©nin, Fatia Terfous et Oumaya Hidri Neys montrent que la sanction des footballeuses violentes passe moins par les instances disciplinaires que par la rumeur et par lâexclusion informelle ou formelle des joueuses incontrĂŽlables, qui nâarrivent pas Ă passer dâun club Ă un autre. 43Quâelle soit euphĂ©misĂ©e ou rĂ©duite Ă des cas exceptionnels, la violence des femmes a nĂ©anmoins bien lieu. Câest en ce sens que les articles de ce recueil abordent la question des bouleversements que provoque lâirruption de la violence fĂ©minine sur les rapports sociaux de sexe. Les femmes violentes sont en effet doublement dĂ©viantes dĂ©viantes par rapport Ă la loi ou aux rĂšglements qui proscrivent lâusage de la violence, dĂ©viantes par rapport aux frontiĂšres de genre quâelles transgressent en usant dâun attribut masculin la violence. Il nâest pas anodin que les Ă©crivains - consacrĂ©s et moins lĂ©gitimes, se soient emparĂ©s de lâinceste fĂ©minin au XIXe siĂšcle. Comme le montre Fabienne Giuliani, il sâagit, certes, de retranscrire le crĂ©puscule humain et la dĂ©cadence de la sociĂ©tĂ© française, mais dans le mĂȘme temps, de donner Ă voir lâĂ©rotisme et la voluptĂ© de femmes initiatrices du dĂ©sir et non seulement passives. Pour David Niget et VĂ©ronique Blanchard, la dĂ©linquance juvĂ©nile de ces jeunes filles de la premiĂšre moitiĂ© du XXe siĂšcle peut ĂȘtre interprĂ©tĂ©e comme lâexpression politique dâune libertĂ© Ă©gale Ă celle des garçons â expression inaudible par les institutions qui les enferment, mais lisible entre les lignes des archives. Isabelle Lacroix montre de la mĂȘme maniĂšre que lâaccĂšs des femmes au rang de membre armĂ© de lâETA dĂ©place les frontiĂšres traditionnelles dâune culture basque qui inscrit les femmes du cĂŽtĂ© des mĂšres de » et des femmes de » et dâune hagiographie militante qui met Ă lâhonneur les hĂ©ros masculins la maternitĂ© ne semble plus comme par le passĂ© constituer un barrage inconditionnel Ă lâactivitĂ© militante. Que lâaccroissement de la fĂ©minisation des rangs guerriers de lâETA tienne Ă la difficultĂ© Ă trouver de nouvelles recrues ou Ă la volontĂ© stratĂ©gique dâadoucir lâimage du groupe terroriste, il ne coĂŻncide cependant pas Ă la fin de la lutte armĂ©e. En dâautres termes, lâarrivĂ©e des femmes nâimplique en aucun cas un virage pacifiste du mouvement, mais bien plutĂŽt un alignement des femmes sur les normes guerriĂšres, marquant quoi quâil en soit la prĂ©dominance du genre viril. Plus encore, la violence des femmes instaure un trouble dans la rĂ©itĂ©ration claire et continue de la diffĂ©rence des sexes. CĂ©dric Le Bodic lâexplique Ă partir de la violence sexuelle exercĂ©e par les femmes, qui surgit comme un ratĂ© » dans la rĂ©pĂ©tition des normes de genre comme celle du fĂ©minin pacifique et du masculin guerrier, ouvrant une brĂšche qui questionne le principe mĂȘme de la binaritĂ© des sexes. CĂ©dric Le Bodic invite Ă considĂ©rer les comportements humains sur le mode de la gamme », plutĂŽt que sur celui des frontiĂšres incommensurables entre les sexes. 44Les contributions de ce volume conduisent enfin Ă poser des questions dâordre mĂ©thodologique comment rendre compte dâun phĂ©nomĂšne marginal ? OccultĂ©es, renvoyĂ©es du cĂŽtĂ© de lâimpensable ou de la pathologie, les violences exercĂ©es par les femmes ne figurent pas toujours dans les archives criminelles, ce qui oblige Ă dĂ©placer la focale de lâanalyse. Ainsi, VĂ©ronique Blanchard a dĂ» exhumer les archives civiles de la justice des mineurs, lĂ oĂč, pour repĂ©rer des cas dâinceste fĂ©minin, Fabienne Giuliani a dĂ» approcher les dossiers de maltraitance » Parler des femmes et de lâinceste oblige lâhistorien Ă multiplier les hypothĂšses de recherche en raison de la raretĂ© des cas qui sâoffrent Ă son regard. Les archives beaucoup trop lacunaires laissent pourtant supposer lâexistence dâun phĂ©nomĂšne bien prĂ©sent tout au long du siĂšcle. 45LâĂ©tude dâun mouvement terroriste encore en activitĂ© et recherchĂ© par la police confronte les chercheurs Ă dâautres problĂšmes dâaccĂšs au terrain. Isabelle Lacroix le souligne Ă plusieurs reprises comment apprĂ©hender clairement lâactuelle division sexuelle du travail, notamment dans les commandos, quand il est impossible de procĂ©der Ă une observation directe ? Les taux dâarrestation et dâemprisonnement fĂ©minin rendent-ils compte de leur part sur le terrain terroriste ou plutĂŽt du processus de sĂ©lection des institutions policiĂšres et judiciaires ? Isabelle Lacroix Ă©voque Ă©galement tous les biais quâimpliquent de passer par des informateurs hommes qui tendent Ă rendre invisibles leurs comparses. 46Lâobservation de pratiques tout Ă fait lĂ©gales, comme les activitĂ©s sportives ne permettent pas nĂ©cessairement davantage dâobservation directe la raretĂ© des agressions physiques rĂ©alisĂ©es par des femmes sur le terrain de football obligerait Ă mettre en place un dispositif dâobservation continue et sur plusieurs annĂ©es pour voir se dessiner des rĂ©gularitĂ©s. DâoĂč lâintĂ©rĂȘt, pour Nicolas PĂ©nin, Fatia Terfous et Oumaya Hidri Neys, de sâappuyer sur les donnĂ©es de lâObservatoire des comportements sur les violences et incivilitĂ©s dans le football, ainsi que sur les feuilles de match », renseignĂ©es par lâarbitre et les procĂšs-verbaux des commissions de discipline. Le croisement de ces sources avec les tĂ©moignages des responsables de ces institutions et des encadrants du football fĂ©minin permet de rendre compte de la maniĂšre dont sâorganise la marginalitĂ© dâun phĂ©nomĂšne dont la raretĂ© nâa rien de naturel ». 47CĂ©dric Le Bodic propose pour sa part dâen finir avec le principe de la comparaison de la criminalitĂ© fĂ©minine et de la criminalitĂ© masculine, qui institue la diffĂ©rence des sexes comme indĂ©passable et incontournable au point de lâontologiser. Reprenant Ă son compte la formule de Pat Carlen selon laquelle la femme criminelle nâexiste pas, il prĂ©conise dâenvisager une criminalitĂ© sans sexe a priori dans laquelle lâappartenance de sexe ne renverrait pas unilatĂ©ralement pour les uns au fĂ©minin et pour les autres au masculin. 48Se dissout alors lâobjet mĂȘme de ce volume qui, dans un horizon queer, ne porterait dĂšs lors plus sur la dualitĂ© du sexe des acteurs de la violence, ni sur les genres fĂ©minins et virils convoquĂ©s dans ce type dâaction, mais sur la violence elle-mĂȘme, qui suivrait dâautres lignes de partage. Ceci nous conduit Ă dĂ©finir la violence avant tout comme un opĂ©rateur de distinction entre des groupes sociaux qui ont le droit lĂ©gal, le pouvoir matĂ©riel et symbolique dâen user et des groupes sociaux qui en sont lĂ©galement, matĂ©riellement et symboliquement dĂ©pourvus.
Francequi les a accueillis, le second pour que je nâoublie jamais mon histoire. Quant Ă mon patronyme, clin dâĆil du hasard ou de la destinĂ©e, il signiïŹe rose de France. Je forme le vĆu que lâamitiĂ© qui lie la France et lâArmĂ©nie ne se fane jamais. Monsieur le PrĂ©sident de la RĂ©publique, Mesdames et Messieurs les Ă©lus et tous
François Marcilhac vient de publier dans lâAction française 2000* une note qui nous paraĂźt tout Ă fait opportune, Ă props de lâentretien que le Comte de Paris a accordĂ© Ă Politique magazine, dans sa parution de jullet-aoĂ»t; il a raison, nous semble-t-il, de souligner la hauteur de vue du Prince comparĂ©e Ă la mĂ©diocritĂ© des discours politiques habituels; et, surtout, pour diffĂ©rencier la France Ă lâidentitĂ© malheureuse qui est, hĂ©las, celle dâaujourdâhui, de la France historique, celle qui fut mĂšre des arts, des armes et des lois », il a eu le bon goĂ»t de rappeler et de transcrire le superbe sonnet de Du Bellay qui porte ce titre. Nous le publierons demain g Lafautearousseau. Dans un entretien rĂ©cent [1], le comte de Paris rappelle ses trois fondamentaux Bien connaĂźtre les Français a toujours Ă©tĂ© mon souci majeur. Câest mĂȘme lâhistoire âdâune grande amourâ qui ne tient compte dâaucun obstacle ni dâaucun clivage » ; puis connaĂźtre nos racines et notre histoire [âŠ] pour prĂ©voir lâĂ©volution probable du monde dans lequel nous vivons » ; enfin , la base de tout », lâenseignement notamment de notre langue, de notre Ă©thique », comme exigence de civilisation ». Henri VII Photo La Couronne Comment ne pas ĂȘtre frappĂ© de lâabĂźme entre la hauteur de vue du Prince et la mĂ©diocritĂ© dâun personnel politique qui tente de dissimuler son renoncement Ă assurer le bien public, en Ăąnonnant Ă intervalles rĂ©guliers, face aux pĂ©rils qui les menaceraient, les fameuses valeurs rĂ©publicaines au fondement de notre pacte social » une libertĂ© de plus en plus fantomatique dont lĂ©gislateurs et juges ne cessent de sâoccuper activement, une Ă©galitĂ© mortifĂšre Ă lâombre de laquelle prospĂšre la loi impitoyable de lâargent, une fraternitĂ© qui se rĂ©sout dans un communautarisme de division et de haine. Car tel est le legs dâune rĂ©publique qui emporte dans la dĂ©liquescence de sa propre idĂ©ologie le pays lui-mĂȘme. Le peuple français meurt dâune imposture qui lui a imposĂ© de se renier lui-mĂȘme tout en le rĂ©duisant Ă une fausse trinitĂ© que lâEurope institutionnelle, en sâidentifiant avec la dĂ©mocratie universelle, voudrait accomplir en anĂ©antissant les peuples historiques. Aussi notre seule France ne saurait-elle ĂȘtre celle dont la devise est inscrite sur les portes de nos prisons. Câest au contraire la France, mĂšre des arts, des armes et des lois » [2] qui, Ă lâinstar de lâAttique, au bel instant oĂč elle nâa Ă©tĂ© quâelle-mĂȘme [âŠ] fut le genre humain » [3]. François Marcilhac [1] Politique Magazine n° 131, juillet-aoĂ»t 2014, propos recueillis par Nicolas PĂ©nac [2] Joachim du Bellay [3] Charles Maurras â AnthinĂ©a * ĂDITORIAL de LâAction française 2000 n°2891
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